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Tintin de nouveau accusé de racisme

Tintin de nouveau accusé de racisme

10 décembre 2014 | PAR Sarah Hamidou

Depuis le 8 Décembre, une association anti-racisme dénonce les nombreux préjugés envers les noirs disséminés dans la BD Tintin au Congo, ainsi que  les propos patriarcaux tenus dans l’oeuvre d’Hergé.

Ce n’est pas la première fois que Tintin soulève des polémiques, mais cette fois-ci, Le Groupe d’Intervention contre le racisme, à l’origine de la polémique, a pointé du doigt avec virulence les torts reprochés à l’oeuvre d’Hergé. Soulignant le caractère discriminant de la BD Tintin au Congo,  le groupe a apposé un autocollant sur plusieurs exemplaires de librairie, sur lesquels on pouvait lire « Produit toxique. Relents racistes. Peut nuire à la santé mentale. » La presse, qui a largement relégué l’information, n’a toutefois pas éclairé ses lecteurs sur l’origine de ce groupe, visiblement méconnu. Et pour cause, même la LICRA (ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) n’a pas su nous répondre sur leur origine. Néanmoins, après une enquête téléphonique auprès de plusieurs associations, il s’est avéré que ce Groupe d’intervention contre le racisme est en fait affilié au CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires), comme nous l’a affirmé un membre du service des relations de Presse de l’association.

De son côté, l’éditeur de Tintin clame n’entretenir aucun propos subversif. C’est ce qui l’a amené à refuser la demande du groupe d’intervention, qui souhaite que Tintin au Congo soit préfacé pour invertir le lecteur du contexte d’écriture de la BD, comme c’est le cas au Royaume-Uni. Car en effet, Hergé a conçu l’aventure  africaine en 1930, c’est à dire lorsque la Belgique comptait le Congo pour colonie. Dans une interview retranscrite par le Figaro, Bob Garcia spécialiste de Tintin, relate les conditions particulières d’écriture à ce moment: « Tintin au Congo a été commandé par l’abbé Wallez, qui dirigeait le journal Le Vingtième Siècle à l’époque. Hergé n’est pas à l’origine du projet. Il se met à la tâche sans enthousiasme, mais en bon élève du journal. Le but de l’Abbé était quant à lui prosélytique et patriotique. » Ces propos viennent confirmer l’existence d’une pensée colonialiste dans l’oeuvre du maître belge, même si ce dernier a fait subir plusieurs modifications à la BD, après les nombreuses plaintes qu’il a reçu à partir de la décolonisation. Il y supprima de nombreux éléments explicitement paternalistes pour les remplacer par des événements  jugés sans risque.

L’idée d’une pensée colonialiste sous-jacente et persistante ne met toutefois pas tout le monde d’accord. Malgré des indices évidents, Benoît Peeters, reconnu comme grand spécialiste d’Hergé, a pu déclarer que « Tintin n’a rien à se faire pardonner. Il existe de nombreux contre-exemples permettant de voir dans ses aventures une œuvre sur le respect de l’autre et de sa culture. »

Ainsi, si l’éditeur Casterman se devait accepter une préface pour Tintin au Congo, la société Moulinsart en revanche, refuse catégoriquement cette option, craignant que la même chose soit demandée pour d’autres albums de la bande dessinée. Car le racisme n’est pas le seul sujet épineux reproché à Hergé, l’antisémitisme et le sexisme étant les autres principales accusations qui lui sont faites régulièrement.

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Sarah Hamidou

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