Actu
Sélection Fnac pour la rentrée littéraire 2015

Sélection Fnac pour la rentrée littéraire 2015

22 juillet 2015 | PAR Hakim Akcha

Pour la 14 ème année consécutive, la Fnac dévoile trente romans sélectionnés, parmi une avalanche d’œuvres estivales, ce qui leurs permet de prétendre au titre et au prix du meilleur Roman Fnac. Un choix qui promet d’être difficile aux vues de la diversité et de la qualité des œuvres.

Comme tous les ans, depuis près de quinze ans, la Fnac réunit 400 de ses collaborateurs libraires et clients-adhérents. Leur est incombé la tâche de départager des centaines de romans, dont la vente est prévue pour fin août à début septembre 2015, pour en sélectionner une trentaine qui concourront pour le prix du meilleur Roman Fnac.

L’année dernière, c’était un jeune britannique trentenaire, Benjamin Wood qui remportait le prix avec son roman « Le Complexe d’Eden Bellwether » chez Zulma. Petite présentation de quelques œuvres sélectionnées cette année.

– Un amour impossible, par Christine Angot aux éditions Flammarion. L’auteure peint une liaison courte mais intense entre Pierre et Rachel, à la fin des années 50. Les deux amants n’étant pas de la même catégorie sociale ne peuvent pas se marier. Néanmoins, une petite fille, Christine naquit de cette Amour. Pierre voit épisodiquement sa fille. Des années plus tard, Rachel apprend que le père de son enfant la viole. Un sentiment de culpabilité s’immisce alors entre la mère et la fille qui vient briser l’Amour maternelle qui tenait si bien le socle de leur petite vie heureuse.-

Otages intimes, par Jeanne Benameur aux éditions Actes Sud. Otages intimes retracent l’expérience d’Étienne, photographe de guerre. Notre photographe a l’habitude du danger, du sang et des crimes mais rien ne l’avait préparé à son enlèvement en tant qu’otage. Une fois libéré, il retourne immédiatement au village de son enfance, auprès de sa mère. Seul moyen, selon lui, de reprendre pieds avec le monde. Il retrouve également ses amis d’enfance, Enzo ébéniste et violoncelliste italien et Jofranka avocate à La Haye aidant les femmes victimes de guerres à retrouver les gestes du quotidien en se confiant à l’écrit. Jeanne Benameur nous transmet un roman d’apprentissage, ou plutôt de ré-apprentissage de la vie après une expérience traumatisante comme la guerre et ses malheurs.

Fils du Shéol, par Anouar Benmalek aux éditions Calmann-Lévy. Anouar Benmalek nous livre via trois histoires d’amour différentes un message de paix et de tolérance. Karl rencontre Helena dans un wagon à bestiaux. Le jeune homme tombe rapidement amoureux de la jeune fille. Mais cet amour ne dure que le temps d’un voyage. Karl est gazé. Le Shéol, une sorte de séjour des morts le condamne à voir la perte des siens à travers le temps. Karl retrouve ainsi son père, devenu Sonderkommando, qui rêve toujours de sa belle Élisa, la mère de Karl, rencontrée et épousée en Algérien des années auparavant. Poursuivant son voyage, c’est son grand-père Ludwig qu’il rencontre. Ce dernier ayant servit dans l’armée allemande du Sud Ouest Africain révèle à son petit-fils l’existence d’Hitjiverwe, une jeune femme héréro victime, avec l’ensemble de son peuple, de la barbarie humaine. Un terrible avertissement aux générations futures.

Le Français, par Julien Suaudeau aux éditions Robert Laffont. L’œuvre audacieuse de Julien Suaudeau tente de répondre à une question que la France se pose depuis peu :  » Que peut-il bien se passer dans la tête et le cœur des français qui partent se faire tuer en Syrie au nom du Djihad ? ». Le texte est écrit à la première personne. Un personnage dont on ne connaîtra même pas le nom. On y voit une Normandie natale, grise et macabre. La monotonie, un amour imaginaire pousse notre personnage à fuir, loin très loin. On commence avec l’Afrique, puis le Mali et enfin la Syrie. Dans une forteresse djihadistes où tous ont perdu leurs humanités, on y voit notre personnage grandir et devenir, presque contre son grès, un monstre parmi les monstres. C’est l’horreur et la barbarie du monde contemporain que l’on peut lire dans les lignes de l’auteur. Un parti pris plus qu’audacieux et intéressant en parfaite réponse aux questions d’actualité.

Sont également en lice : La septième fonction du langage de Laurent Binet (Grasset). Brutes, par Anthony Breznican (Denoël). Profession du père par Sorj Chalandon (Grasset). Crash-test par Claro chez Actes Sud. Tous les lointains sont bleus de Daniel Roulet (Phébus). D’après une histoire vrai de Delphine De Vigan (JC Lattès). Ce coeur changeant chez l’Olivier d’Agnès Desarthe. Quand le diable sortit de la salle de bain par Sophie Divry (Noir sur blanc). Boussole de Mathias Enard chez Actes Sud. Six jours écrit par Ryan Gattis et publié chez Fayard. Les Prépondérants par Hédi Kaddour (Albin Michel). Villa des femmes par Charif Majdalani chez Seuil. Les échoués de Pascal Manoukian chez Don Quichotte. L’oiseau du bon dieu par James McBride chez Gallmeister. Tout ce qui est solide se dissout dans l’air de Darragh McKeon aux éditions Belfond. La Carte des Mendelssohn de Diane Meur chez Sabine Wespieser. Les Infâmes par Jax Miller chez Ombres noires. Vie et mort de Sophie Stark écrit par Anna North chez Autrement. Intérieur nuit, par Marisha Pessl chez Gallimard. La Variante chilienne de Pierre Raufast chez Alma. Il était une ville écrit pr Thomas B. Reverdy chez Flammarion. Le métier des vivant de François Saintonge chez Grasset. La maladroite, par Alexandre Seurat aux éditions Rouergue. Et enfin, D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds de Jon Kalman Stefansson aux éditions Gallimard.

Il y en a pour tous les goûts. Les auteurs vont de l’illustre inconnu à la la grosse pointure, des valeurs sûres aux découvertes et viennent de France et d’ailleurs. On y retrouve d’ailleurs la lauréate du prix 2011, Delphine de Vigan.

Visuel : © Premières de couvertures des œuvres présentées.

[Festival d’Avignon] Mariano Pensotti et ses crises d’identités
Les sorties cinéma de la semaine du 22 Juillet
Hakim Akcha

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *