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« Rupture »: un nouveau projet pédagogique pour enseigner l’histoire

« Rupture »: un nouveau projet pédagogique pour enseigner l’histoire

12 mai 2020 | PAR Zeliechloe

Dans une tribune du parisien, l’historien et professeur au collège de France Patrick Boucheron soutien un nouveau projet pédagogique.

« Faut-il se laisser contraindre par d’anciennes exigences quand tout autour de nous s’abîme et chancelle ? Et si l’on s’émancipe de quelques vieilles routines, n’est-ce pas pour se donner d’autres obligations, plus impérieuses et plus utiles, parce que mieux adaptées à la situation ? ». C’est autour de ces questions que s’articule le projet « rupture ». Ce projet, élaboré par des professeurs des académies de Créteil, Poitiers et de Grenoble propose une nouvelle manière d’enseigner, d’apprendre et de raconter l’histoire. 

Le projet se place en « rupture avec les habitudes d’enseignement de leur discipline. ». Il ne s’agit plus de faire apprendre des dates et des noms d’un livre d’histoire ou d’enseigner l’histoire comme des faits inéluctables qui ne peuvent être remis en question. Mais bien au contraire, « il s’agit de demander aux élèves de collecter, critiquer et confronter les témoignages de leurs proches sur la manière dont ils traversent, ou se laissent traverser par, les événements en cours. ». Ainsi le professeur n’est plus la voix d’or à prendre à la lettre et l’élève est au centre de son enseignement.

Mais pourquoi un tel projet ?

L’histoire ne s’écrit pas d’elle-même, c’est une construction et une sélection du passé. Si teintée de souvenirs trop personnels, l’histoire perd de son objectivité mais sans émotion elle en devient absurde et vide de sens. Le travail de l’historien correspond à trouver le juste milieu entre ses deux extrêmes. « En déconfinant l’exercice de l’histoire, les enseignants font comprendre que l’enquête historique porte moins sur les faits du passé que sur le fait, pour le temps, de passer, et de passer au travers de nos vies, de nos mots, de nos corps — bouleversant ce que l’on appelle notre condition historique, c’est-à-dire notre manière d’être à l’histoire. ». Plus qu’une simple étude de la crise en cours le projet propose une réelle sensibilisation aux méthodes d’histoire. 

Denis Peschanski, historien majeur de l’histoire de la mémoire, notamment celle du 13 novembre 2015 participe à Rupture et explique bien comment le témoignage évolue face au temps. Son projet sur les attentats a débuté au lendemain du drame et dure 12 ans.  

 

 Dans sa tribune, Patrick Boucheron parle du risque d’une rupture générationnelle, que « s’édifie des barrières entre les générations ». Apporter de nouveaux outils pédagogiques c’est permettre de mieux répondre aux besoins actuels. L’intellectuel finis sa tribune sur ces mots « les initiatives pédagogiques s’ajustant à la vérité de la situation présente ne sont pas si nombreuses. Raison de plus pour reconnaître et pour soutenir ceux qui portent en eux un projet de rupture. ».

Ainsi ce projet basé sur les expériences intimes et individuelles de tous permettrai de mieux comprendre la mémoire collective à venir. 

Le projet ici.

visuel: ©terra nova- flickr creative commons

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Zeliechloe

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