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Roberto Saviano répond au ministre de l’Intérieur italien qui menace de lever sa protection policière

Roberto Saviano répond au ministre de l’Intérieur italien qui menace de lever sa protection policière

26 juin 2018 | PAR Lucile Brusset

Roberto Saviano avait voulu dans Gomorra dépeindre les rouages de la Mafia napolitaine, la Camorra. Menacé de mort, il bénéficie depuis l’âge de 26 ans d’une protection policière que le ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini, dirigeant du parti d’extrême-droite La Ligue, menace de lever.

C’est sur le plateau de l’émission Agora sur la chaîne Rai 3 que Matteo Salvini a expliqué qu’il réfléchissait à mettre fin à la garde rapprochée qui, depuis 11 ans, entoure le journaliste Roberto Saviano. La raison évoquée est d’ordre financière : Roberto Saviano passerait beaucoup de temps à l’étranger, d’où la remise en cause de sa protection italienne : « c’est normal d’évaluer l’argent des italiens » explique Salvini, ; avant de poursuivre avec ironie « Roberto Saviano est le dernier de mes problèmes, je lui envoie un bisou s’il nous regarde. C’est quelqu’un qui m’évoque beaucoup de tendresse et d’affection ».

En insinuant que l’argent du contribuable serait mal utilisé en protégeant l’auteur de Gomorra, le ministre de l’Intérieur franchit une ligne. Déjà connu pour ses outrances, il avait oser avec cynisme dire que « pour les migrants, la fête est finie », annonçant la politique migratoire de La Ligue du Nord. Celle-ci avait en effet déclaré le 18 avril vouloir recenser la communauté Roms afin d’engager un processus d’expulsion et avait refusé le 11 juin dernier d’accueillir sur les côtes italiennes le navire Aquarius, en dépit des 629 migrants rescapés à son bord.

Face à ces menaces, Saviano n’a pas hésité à descendre dans l’arène médiatique : dans une vidéo mise en ligne sur Facebook, il s’en prend au ministre de l’Intérieur, le traitant de « bouffon » : «Durant ces années, j’ai subi une énorme pression, celle du clan Casalesi, la pression des narcotrafiquants mexicains. J’ai plus peur de vivre comme ça que de mourir de la sorte. Et ainsi, tu crois que, moi, je puisse avoir peur de toi ? Bouffon… »

En ligne de mire également, la politique migratoire de Salvini : « Bloquer ces personnes en milieu de mer est un comportement de bandit » déclare le journaliste, avant d’appeler les italiens au dialogue « Aujourd’hui, il nous faut dialoguer, pas avec Salvini, mais avec ceux qui ont voté pour Salvini, qui le soutiennent (…) avec ceux qui, comme moi, se rendent compte que la situation est grave ».

Visuels : ©CC BY 3.0 IT  / ©CC BY-SA 3.0

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Lucile Brusset

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