Politique culturelle

Présentation du rapport annuel d’Artprice sur l’Art contemporain

19 octobre 2012 | PAR Yaël Hirsch

Temps de Frieze et de FIAC en Europe, c’est le moment où Artprice sort sa fameuse étude annuel sur l’état du marché de l’Art contemporain. Le leader de cotation du marché de l’Art réunissait la presse au Crillon, ce vendredi 19 octobre pour leur présenter les grandes lignes de cette étude.

Portant uniquement sur les ventes aux enchères (les galeries sont mises de côté) d’œuvres signées par des artistes nés après 1945, le rapport annuel juin 2011-juillet 2012 sur le marché de l’Art contemporain d’Artprice conclut pour la première fois à une baisse. L’an dernier on a vendu pour 860 millions d’euros d’œuvres d’art contemporain en salles de marchés, soit une baisse de 6 %. Les prix ont eux baissés de 6 %. Une baisse qu’Artprice nous enjoint cependant de relativiser dans le contexte d’explosion d’un marché qui a littéralement doublé de 2002 à 2012.

Depuis 2010, c’est la Chine qui est devenue le premier marché mondial de l’art contemporain, en frôlant même les 40 % des ventes pour 26 % aux États-Unis, 23 % en Angletrre et moins de 3 % en France. Mais le marché chinois est bien spécifique et reste local, si bien que dans les 10 artistes ayant fait les meilleures ventes sur l’année l’on trouve il est vrai le cas Basquiat (n°1 avec près de 80 000 000 d’euros, réalisant les 3 plus grosses ventes en Europe cette année) ou si le britannique Christopher Wool arrive à dépasser Damian Hirst avec plus de 22 000 000 d’euros de ventes, les artistes qui réalisent les plus beaux chiffres sont chinois Fanzhi Zeng ( 33 000 000 d’euros), Xiaogang Zhang (19 000 000 euros) et Chunya Zhou (16 000 000). Ainsi, même si des maisons de vente comme Christie’s ou Sotheby’s s’efforcent de sensibiliser le public de Hong-Kong à l’art contemporain occidental, Pekin, deuxième grand lieu pour l’art contemporain de Chine reste très focalisé sur des productions locales.Dans les nouveautés au niveau international Artprice souligne l’entrée en course de l’Australie, dont les artistes vendent notamment bien en Chine, relativement voisine.

L’artiste français qui se vend le mieux est bien loin de tous ces chiffres, mais boosté par la rétrospective qui lui a été consacrée au Musée d’Art Moderne de Lyon, Robert Combas dépasse le million en ventes et atteint pour la première fois à 50 ans les 100 000 euros pour la vente d’une œuvre en salle.

Côté photo Andreas Gursky et Jeff Wall passent le seuil des 2 millions d’euros pour une seule œuvre.  Scandale oblige (et Artprice souligne l’impact positif sur le marché de la polémique), un Piss-Christ de Andres Serrano est passé de 150 à 190 000 euros. Côté sculpture et installation, Oozewald de Caddy Noland dépasse les 4 millions tandis-que l’Ange Nord d’Anthony Gormley frôle, les 3.5 millions.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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