Politique culturelle

Paul Veyne propose une nouvelle traduction de L’Enéide

Paul Veyne propose une nouvelle traduction de L’Enéide

08 janvier 2013 | PAR Lucie Droga

On ne connaît que trop bien les débats liés aux traductions: de Shakespeare à Ibsen, nombreux sont ceux qui s’insurgent lorsqu’un auteur retravaille un texte. Cette fois ci, l’historien Paul Veyne, admirateur de Nieztsche et Foucault et auteur du célèbre ouvrage « Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes? Essai sur l’imagination constituante » s’attaque à l' »Enéide » de Virgile. Peut-on traduire sans trahir?

Paru en -29 avant Jésus-Christ, l’Enéide est à ce jour le plus prestigieux poème épique jamais écrit. Composé de douze chants, il raconte, à la manière de l’Iliade et de l »Odyssée le périple du troyen Enée depuis la prise de Troie jusque son installation en Hespérie. Rien d’étonnant à ce que Paul Veyne, spécialiste de la Rome Antique et amoureux fervant des mythes se propose de traduire ce poème fondamental afin de lui offrir un nouveau souffle.

Débarrassé de sa structure parfois étouffante, l’Enéide devient, sous la plume de Veyne, un véritable « film d’action » selon ses dires dans la préface. Les chants qui se succèdent donnent à voir des héros, des dieux ou des hommes, en proie à des sentiments résolument humains: la pitié, la colère, la bravoure, l’amour… Veyne a fait le pari  audacieux de traduire les douze tableaux du maître antique sans jamais tomber dans la vulgarisation: au contraire, le lecteur est invité à plonger dans les parois labyrinthiques d’une oeuvre vertigineuse où  la nouvelle traduction est au service du récit.

Et pour ceux qui douteraient encore du traducteur, il suffit de se pencher sur la préface pour comprendre que, loin de trahir la langue latine, Paul Veyne met son amour des lettres et des mythes au service d’une oeuvre qui en ressort grandie: « Alors, hâtons-nous de rassurer le lecteur de bonne volonté. En ouvrant l’Enéide, on ne s’attèle pas à la lecture d’une de ces créations souveraines et écrasantes qui dominent les siècles et les continents: L’Enéide est une oeuvre belle, non grande, Virgile n’est pas Dante ou Shakespeare, et l’Enéide n’est pas l’Iliade. En revanche, Virgile est le plus mozartien des poètes antiques et l’Enéide n’a rien d’académique: à la lire, on ne s’ennuie pas. » Paul Veyne, préface à la présente édition, page 12.

Enéide, par Virgile, traduit par Paul Veyne, Albin Michel/Les Belles Lettres, 480 p., 22,80 euros.

 

© Photo Jean Mathiot

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Lucie Droga

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