Politique culturelle

Nouveau rebondissement pour l’exposition Camus prévue en 2013 : Michel Onfray jette l’éponge et ne sera pas commissaire

Nouveau rebondissement pour l’exposition Camus prévue en 2013 : Michel Onfray jette l’éponge et ne sera pas commissaire

17 septembre 2012 | PAR Charlotte Bonnasse

Camus continue de faire des remous. Après le retrait par Aurélie Filippeti du logo du ministère de la Culture et des subventions en août dernier, suite à la décision d’évincer le grand spécialiste Benjamin Stora (lire notre article), c’est Michel Onfray qui se débine de son engagement de commissaire et tente de retirer avec dignité son épingle du jeu en postant un tweet vendredi dernier : « Michel Onfray ne signera pas la Convention qui aurait fait de lui le Commissaire de l’expo Camus à Aix en 2013. » Pour les cent ans de La Peste, ce sera un joyeux anniversaire…

Après cet heureux tweet et la confirmation de celui-ci par l’AFP samedi matin, le philosophe répand sa colère dans une tribune du Monde, samedi à 15h37, en réponse à tous ceux qui le harponnent :  cette « compagnie nauséabonde » le fait quitter le navire avant qu’il ait pu s’éloigner du port, ouf, (le projet n’ayant pas encore été signé) et il remercie le ciel de lui avoir fait découvrir cette « nef de fous ». L’étiquette vaut d’ailleurs pour bon nombre de personnes concernées par l’affaire, ceux qui lui font le « mauvais procès de prétendre qu’il serait le candidat de l’extrême-droite, de l’OAS, des petits Blancs, du colonialisme, de l’Algérie française » selon une déclaration faite dans Le Nouvel Observateur du 13 septembre. Une flèche pour « la chiennerie de la politique politicienne » (et l’atmosphère intelectuelle de « guerre civile »), un trait contre la « morgue de l’impuissance universitaire » (et tous les universitaires qui se sont indignés de l’éviction de Benjamin Stora), la « niaiserie d’une ministre confondant usage public des crédits et punition idéologique », bref, tout le monde en a pour son compte, le Ministère de la culture, les journalistes parisiens, et toujours, l’université. Le pourfendeur d’idées reçues continue son épopée philosophique.

Il est vrai que la plupart des intéressés ne se sont pas remis de l’éviction du très reconnu Benjamin Stora qui avait été désigné par la commission d’experts en 2008. Ni par le choix de Mme Maryse Joissains, maire d’Aix-en-Provence, qui avait jeté son dévolu sur le philosophe « iconoclaste », « qui ne se gêne pas pour dire ce qu’il pense ».

Agnès Spiquel, grande camusienne et collaboratrice de l’édition de ses œuvres complètes en Pléiade, a pris les devants le 14 septembre dans Le Monde : « On ne manque pas de vrais connaisseurs qui, dans une ombre relative, servent fidèlement Camus depuis des années et auraient conçu un projet plein de solidité et de justesse ». L’attaque a visé juste, et les concernés l’ont compris. Mais la polémique au sujet de l’auteur d’origine algérienne n’a pas fini de faire des vagues.

Ce soir encore, Patrice Chéreau dit Coma de Guyotat au Théâtre de la ville
Max et Moritz avec Claque-du-bec & Cie de Wilhelm Busch
Charlotte Bonnasse

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