Politique culturelle

Notes sur la fin de l’art contemporain à la Monnaie de Paris

Notes sur la fin de l’art contemporain à la Monnaie de Paris

06 février 2020 | PAR Zoé David Rigot

La Monnaie de Paris, située à quelques pas du Louvre et du Centre Pompidou, abritait depuis plusieurs année des expositions remarquables d’art contemporain. Le nouveau directeur de l’établissement, Marc Schwartz, entre dans une nouvelle stratégie.

Camille Morineau, précédente directrice artistique du lieu, essayait de mettre les artistes et sculptrices femmes à l’honneur, en remettant en question, surtout, le genre. Depuis 2016, sa programmation rencontrait un véritable succès, grâce à l’originalité et à l’audace de ses choix intimement liés à l’actualité. On avait ainsi pu découvrir l’exposition Women House en 2017, qui confrontait deux notions : le genre (féminin) et l’espace (domestique) – de l’enjeu de trouver un espace de travail chez soi, idée encouragée dès 1929 par Virginia Woolf dans son essai Une chambre à soi. 

La Monnaie de Paris s’engageait dans un très beau travail de premières rétrospectives en France, grâce auquel le public parisien avait ainsi pu explorer des artistes contemporains du monde entier, tels que Subodh Gupta, qui nous venait d’Inde ; ou encore l’artiste britannique multidisciplinaire Grayson Perry qui questionnait l’identité, le genre, la classe sociale, la religion et la sexualité avec ironie; et enfin Thomas Schütte, l’artiste majeur et inclassable qui nous venait d’Allemagne.

En ce moment, Kiki Smith est à l’honneur à la Monnaie de Paris, et ce jusqu’au 9 février ! C’est sa première (et sans doute dernière) rétrospective à Paris, à ne surtout pas manquer !

Toujours est-il que la directrice Camille Morineau s’en est allée et ne sera peut-être pas remplacée, et que Marc Schwartz, depuis novembre 2018, a repris le flambeau. Pour lui, il est temps que ce lieu unique se recentre sur son domaine de prédilection : la Monnaie de Paris est en effet l’une des plus vieilles institutions du monde, crée en 864 par l’Édit de Pîtres de Charles le Chauve, qui organisa une refonte des monnaies, et décida de punir sévèrement les faux monnayeurs. Aujourd’hui dépendante de Bercy, l’établissement frappe de la monnaie pour des banques et réalise des pièces de collections pour les particuliers qui investissent dans l’or (seule valeur sûre dans ce monde !). 

Ainsi pour Marc Schwartz, il est important de renouer avec le cœur de métier et de développer une cohérence savante et interactive avec le public. Ainsi, des ateliers créatifs, des animations, des séminaires et de grands événements populaires seront organisés, et un espace de création et de recherche numérique sera créé  aux côtés d’un lieu réservé à la réalité virtuelle.

La rétrospective Jean Tinguely prévue pour 2020 est annulée, mais le lieu ouvrera ses portes pour d’éventuelles résidences et annonce la création du prix de la Monnaie de Paris, pour lequel les lauréats réaliseront un dessin qui sera repris sur une production de l’entreprise.

 

 

Visuel : Façade de la Monnaie de Paris © All creative commons.

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