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Les vanités roses de Grayson Perry s’exposent à La Monnaie

Les vanités roses de Grayson Perry s’exposent à La Monnaie

21 octobre 2018 | PAR Yaël Hirsch

Avec une approche thématique et des couleurs flashy assumées, La Monnaie de Paris invite à découvrir le travail excentrique et révélateur de Grayson Perry.

A l’honneur en solo show à la Galerie Victoria Miro à la FIAC (lire notre article), l’artiste originaire de l’Essex professeurs à St Martins est à découvrir ou redécouvrir jusqu’au 3 février à travers l’exposition « Vanité, identité, sexualité ».

Pour l’occasion les marches menant vers les salons d’honneur ont été tapissées de rose, sous un portrait du double féminin et muse de l’artiste : Claire. Celui qui a enfilé sa première robe à 15 ans et a été sacré Turner Prize en 2003 est en effet au centre de son propre travail, où il  met en cause les codes de la masculinité. Alors que les robes excentriques sont les premières créations mises en avant dans un amphithéâtre qui pastiche celui créé en 1786 par Jacques-Denis Antoine pour la Monnaie, le parcours impressionne par la diversité des arts maîtrisés : la peinture, la photo, le dessin, la vidéo, la sculpture, les fameux « vases » et aussi la tapisserie, artisanats volontiers « féminins ».

C’est coloré, ça vous attrape, et ça parle comme de la BD chez Grayson Perry, avec des cartographies internes très développées, des personnages qui s’expriment sur des vases entre Grèce et pop. Ça part aussi, à moto ou sur des talons hauts dans des photos à la Cindy Sherman. Et puis c’est so british; dans des grands dessins colorés à la Gilbert & George, le double de Grayson Perry, incarné par lui-même, Claire, se prend résolument pour « The Queen ».

Une salle met en avant les inspirations antiques et authentiques avec des bronzes et des dessins assez bluffants. Une autre représente la sélection de l’artiste dans les collections de La Monnaie. Après le projet de maison personnalisé en Essex, l’on descend plus d’un étage et dans 3 salles, la vanité l’emporte sur la sexualité dans une série de tapisseries qui forment un cycle grinçant et trouvent leur fin avec un grand crâne noir sculpté. .

Le final permet de voir Grayson Perry en action. Or quand il performe live, il apparaît que ses œuvres prennent vraiment vie et sens. Dans une ultime salle, l’on trouve plusieurs courts sujets sur lui  : une  vidéo hallucinée met en avant l’artiste habillé en homme et sponsorisé par carrefour pour une petite balade à vélo… Un des films est une introduction à Grayson Perry en 2’41!

Ne manquez pas la programmation de la Monnaie autour de cette exposition et notamment deux conférences sur les Nouvelles Masculinités.

Visuels : photos de l’exposition (c) YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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