Politique culturelle

Ne pas oublier la culture : l’appel au Président de la République

Ne pas oublier la culture : l’appel au Président de la République

09 avril 2019 | PAR Justine Lenormand

C’est dans le Journal du Dimanche, qu’une tribune écrite par Claude Lelouch et Radu Mihaileanu associés à 20 autres personnalités a été dévoilé le 6 avril dernier s’adressant au Président de la République l’invitant à ne pas oublier la culture dans sa politique. 

Cette tribune intervient suite à un rapport «relatif à la prochaine loi audiovisuelle» annoncé par Franck Riester le ministre de la culture.  Celle-ci pourrait être présentée au cours de l’été. 

Claude Lelouch et Radu Mihaileanu, au nom des cinéastes de l’ARP, la société civile des Auteurs Réalisateurs Producteurs, posent la question «60e anniversaire du ministère de la Culture : le combat continue?».

C’est directement au Président de la République que les deux réalisateurs s’adressent. Ils lui reprochent en partie de ne «pratiquement jamais (parler) de culture». Ils demandent une «politique culturelle forte, capable d’asseoir (leur) souveraineté créatrice». Pour concurrencer les pays tels que les Etats-Unis qui dominent le monde en matière cinématographique. Jusqu’ici, l’exception culturelle permettait que la domination du cinéma Américain soit limitée, notamment  grâce à un ensemble de dispositifs réglementaires et législatifs. C’est par exemple le cas de la redistribution d’argent récolté par des taxes tel qu’un pourcentage sur les billets de cinéma par exemple, pour aider les productions, l’exportation d’oeuvre d’expression française… Ou encore l’obligation pour les chaines de télévision de diffuser au moins 60% d’œuvres diffusées doivent être européennes, dont une partie doit être tournée en langue française.

Le combat des réalisateurs est d’autant plus poussé par la réforme européenne du droit d’auteur.  

Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics qui souhaite la fin du service public audiovisuel en supprimant la redevance, participe au choix de la voie qui sacrifie «sur l’autel d’un ultra-libéralisme déjà en partie responsable de tensions, de la dégradation de nos sociétés et de la poussée des extrémismes». Les réalisateurs craignent que la loi sur l’audiovisuel «soit le fossoyeur du cinéma et de l’audiovisuel français».

Cette lettre, n’a pas été écrite sur un coup de tête puisqu’elle est relativement complète. Certes, elle fait des reproches, afin de défendre les intérêts du cinéma et de l’audiovisuel, mais elle propose des solutions et c’est tout là l’intérêt de celle-ci. Elle suggère «des œuvres plus facilement disponibles et accessibles» ou encore la «possibilité de diffuser des films à la télévision tous les jours de la semaine». 

A l’image du grand débat, les cinéastes de l’ARP organisent plusieurs débats publics ou tout ceux qui le souhaitent sont convier, dont le premier se déroulera à 20h le lundi 6 mai au Cinéma des Cinéastes à Paris. 

Visuel : Creatives commons. 

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Justine Lenormand

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