Politique culturelle
Michel Didym : « le fil conducteur de cette saison est la difficulté d’être un être humain »

Michel Didym : « le fil conducteur de cette saison est la difficulté d’être un être humain »

18 septembre 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Michel Didym est le directeur du théâtre de la Manufacture (CDN Nancy-Lorraine), nous lui avons demandé de nous parler de sa nouvelle saison qui ouvre le 21 septembre.

 

Il y a t-il un fil conducteur dans la saison ?

Tous nos spectacles interrogent l’individu.  Chacun de nos spectacles interrogent l’être humain, dans son rapport au monde, dans son rapport aux autres, dans son rapport à l’économie, dans son rapport, à l’argent, dans son rapport au deuil… le fil conducteur de cette saison est la difficulté d’être un être humain, avec sa sensibilité mais toutes ses contradictions, et toutes les.. les paradoxes qui nous habitent.

Vous dépassez souvent les champs du spectacle pour aller vers la musique. Pourquoi ?

Nous dépassons très souvent le champs du spectacle pour aller vers la musique, c’est vrai. Parce que la musique apporte une vibration qui est du domaine du non-dit, du non expliqué. Le théâtre ce n’est pas seulement le contexte, c’est aussi faire confiance à ses sentiments et à ses vibrations intimes pour que son cœur résonne en même temps que son esprit.

 Quel est le lien entre le CDN et le Fabulamundi ?

Le centre dramatique national est partenaire de Fabulamundi Playright Europe pendant trois années donc cela se terminera en novembre 2020 avec un festival qui aura lieu à Rome. Nous sommes engagés dans un projet avec douze pays, il y a quinze théâtres qui sont associés, plus de 150 auteurs participent à cette fabuleuse aventure. Nous avons déjà travaillé avec les dix auteurs français qui ont été traduits en Pologne, en Allemagne, et récemment à Buenos Aires où ils vont être également édités. Le travail consiste en une mobilité professionnelle réservée donc aux auteurs. Ces auteurs de tous les pays voyagent à Buenos Aires bien sûr donc comme je viens de le dire, mais aussi à Lisbonne, à Rome… Si vous regardez attentivement notre programme vous verrez la liste de ces pays. Et donc il y a un échange qui se produit au niveau des écritures, des productions, et ça nous permet d’être en prise avec un projet soutenu par Creative Europe, et de pouvoir, avec les maigres fonds attribués par l’Europe, soutenir des auteurs des pays étrangers, et leur ouvrir une place dans le paysage culturel français.

Parlez moi de cette ouverture de portes le week-end du 21 septembre ?  

Ce weekend-là, nous ouvrons les portes du CDN.  Nos artistes associés seront présents ;  Philippe Minyana, Matthieu Roy, et Raphaël Gouisset. Ils présenteront, en avant première  des extraits de leur spectacle ou des créations courtes pour nous mettre sur la piste des créations qui viendront plus tard. 

Du côté des professionnels, vos artistes associés sont à la fois des grandes figures du théâtre contemporain et d’autres qui révolutionnent le genre? Parlez moi d’eux

Comme je viens de l’expliquer, les artistes associés, participent à nos journées portes ouvertes, cela vient dire qu’ils participent au rayonnement de notre Centre Dramatique. Le CDN les accompagne en assurant une coproduction qui leur permet d’asseoir leur production, et ça permet à nos abonnés, à tous les amateurs d’arts de Nancy et du Grand Nancy, d’assister à des ateliers gratuits, de pouvoir se former à la dramaturgie, à l’analyse critique, aux nouvelles tendances théâtrales utilisant les moyens numériques, de pouvoir avoir aussi des rencontres privilégiées privées avec des auteurs de premier plan, je pense à Philippe Minyana, et d’avoir avec eux un échange profond et durable, sur les dramaturgies d’aujourd’hui.

Quel est la place donnée aux amateurs ?

Au fil de l’année par contre, il y a nombre d’ateliers amateurs. Tous les lundis, nous avons donc l’Académie du temps libre qui permet aux amateurs de se former, nous avons beaucoup d’ateliers avec les lycées, les collèges de Nancy, du Grand Nancy, également, de toute la Lorraine. Nous sommes en partenariat avec Commercy, avec Pont-à-Mousson, avec Toul, et de nombreux lycées nancéien.

Une grande opération qui s’appelle « le plateau est à nous » permet à tous ces lycéens de se retrouver pendant deux jours au Centre dramatique national avec des moyens professionnels pour présenter, dans « la plateau est à nous », leur travail de l’année. Nous avons également un travail avec des amateurs lors de la « Mousson d’hiver » en partenariat donc avec la « Mousson d’été », la « Mousson d’hiver » étant destinée aux acteurs amateurs de lycée et de l’université pour lesquels nous proposons des créations françaises qui sont traduites spécialement pour cette occasion, qui sont sélectionnées par un comité de lecture, qui leurs permettent à la fois de faire de la pratique et de la découverte d’auteurs, et de la découverte de l’écriture théâtrale contemporaine. Il s’agit donc écrire le théâtre d’aujourd’hui par les gens d’aujourd’hui, interprété par la jeunesse, qui seront les futurs professionnels de demain.

Visuel : Portrait – Michel Didym(c)EricDidymLight.jpg

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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