Politique culturelle

Le dossier complet de l’affaire Dreyfus disponible en ligne

Le dossier complet de l’affaire Dreyfus disponible en ligne

08 mars 2013 | PAR Marie Pichereau

Le feuilleton militaro-judiciaire qui a fait trembler la France il y a plus d’un siècle, vient d’être posté dans son intégralité sur internet. Tenu secret durant des années, il est désormais consultable par le monde entier.

L’affaire Dreyfus est un conflit social et politique majeur de la troisième République. Il survint à la fin du 19éme siècle. Cette « affaire » tourne autour de l’accusation de trahison perpétrée par le capitaine Alfred Dreyfus. Il sera accusé de haute trahison, après que des pièces secrètes furent transmises illégalement au président du Conseil de guerre par le Service de statistiques. Condamné à la dégradation et à la déportation à perpétuité en Guyane, il sera finalement innocenté en 1906 par un arrêt de la cour de cassation. On retiendra de cette affaire une énorme erreur judiciaire difficilement réparée, ainsi que l’émergence de nombreux affrontements virulents qui divisèrent la France suite à cette condamnation. En tête de file, deux camps se sont opposés durant quatorze années : les « dreyfusards » partisans de l’innocence de Dreyfus et les « antidreyfusards » partisans de sa culpabilité. Nationalistes et antisémites reprennent les hostilités. C’est l’article d’Emile Zola, intitulé « J’accuse » qui mettra le feu aux étincelles et qui déclenchera bon nombre des crises politiques et sociales de cette époque en France. L’opinion publique et la presse joueront un rôle déterminant dans cette affaire. Ce contexte particulièrement tendu sera aussi assez unique dans l’histoire de la politique Française. Il faut dire quand recontextualisant les faits, le Capitaine Dreyfus avait été accusé via ses « documents secrets illégaux » d’avoir prétendument livré des documents confidentiels secrets Français à l’Allemagne. Avec la haine installée face à l’empire Allemand, suite à l’annexion de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine (1871), la révélation de ce scandale avait bien entendu déclenché les foudres.

Aujourd’hui, arrivé à l’ère du numérique, qui aurait pu croire que ces documents responsables à tort de l’emprisonnement du capitaine pour espionnage, seraient rendus publics. A l’initiative de cette petite révolution, le Service historique de la Défense (SHD) qui sous la suggestion de Pierre Gervais, Pierre Stutin et Pauline Peretz (auteur du Dossier de l’affaire Dreyfus) a entrepris la numérisation dédits documents : « Le dossier secret de l’affaire Dreyfus n’a jamais été publié dans son intégralité. La mise en ligne sur ce site est donc une première. Véritable fil rouge de ce feuilleton militaro-judiciaire, cet ensemble documentaire a pourtant été le principal objet accusatoire utilisé à l’encontre d’Alfred Dreyfus, dans le cadre des procès militaires et civils, publics ou à huis clos ».

Le dossier mis en ligne contiendrait dans son corpus, des pièces assez variées à commencer par des notes, des documents officiels, des rapports de certaines personnalités de l’époque et même la mise par écrit des relations homosexuelles entre certains acteurs présents dans l’affaire. Déjà reprises et analysées par différents médias et spécialistes, ces pièces démontrent une fois n’est pas coutume, le problème de légitimité voire même la véracité des preuves qui ont servi à l’encontre de Dreyfus. Les correspondances des deux attachés militaires à Paris (Schartzkoppen et Panizzardi) qui entreprenaient une liaison, auraient selon l’Express, pu porter préjudice à Dreyfus : «Ses prétendues accointances avec un réseau d’espions « cosmopolites » aux moeurs « contre-nature » auraient fortement joué en sa défaveur. La haine et la peur des homosexuels étaient en effet répandues à l’état-major. Les pièces secrètes communiquées aux juges militaires seraient ainsi « structurées autour d’un discours idéologique mêlant xénophobie, homophobie, antisémitisme et paranoïa sécuritaire.»

Visuels : Capture d’écran, Affiche de Film, Dessin.

 

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Marie Pichereau

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