Livres
Le combat d’Anne Hidalgo pour la réouverture des librairies

Le combat d’Anne Hidalgo pour la réouverture des librairies

05 novembre 2020 | PAR Lalouchi Naoual

L’annonce de la fermeture de tous les commerces dit « non-essentiels », un coup dur pour les librairies, les écrivains et leur lecteurs.    

Alors les librairies, essentielles ou non-essentielles ? 

Cette annonce d’un reconfinement est une nouvelle fois un coup dur pour le monde de la culture et particulièrement pour les librairies. À l’annonce de cette mesure, Anne Hidalgo s’est empressée de montrer son mécontentement face à cette décision. « La culture est essentielle, c’est une erreur de la sacrifier » a t-elle déclaré. Selon la maire PS de Paris la vie culturelle devrait être « un motif légitime de sortie, attestation à l’appui ».

Paris, capitale de la librairie 

Sur 3.200 librairies françaises que compte le Syndicat de la Librairie Française, on en compte 935 en Ile-de-France et 700 à Paris intra-muros selon le Centre d’observation du commerce, de l’industrie et des services en Île-de-France (Crocis). C’est donc une bibliothèque française sur cinq qui est localisée à Paris. Il suffit de se promener dans le pittoresque quartier latin pour se rendre compte de l’amplitude des librairies parisiennes. Ou encore dans le quartier de Saint-Germain-des-Près, fréquenté par de nombreux grands noms de la littérature française tels que Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir.

Un accès interdit aux livres 

Dans cette guerre acharnée contre le virus on y a laissé un peu de notre liberté, de notre droit à la culture. Les français doivent se contenter de biens « essentiels », de survivre au lieu de vivre. Les 3.200 librairies sont fermés, les livres enfermés à huit clos.

Les rayons livres des supermarchés et des grandes surfaces culturelles de type Fnac ou Cultura sont recouverts d’une grande bâche rouge qui en interdit l’accès et la vente. Et ce, afin d’éviter toute concurrence déloyale avec les librairies. Il est donc désormais impossible de flâner entre des rayons recouverts de livres . 

Une mobilisation pour la réouverture des librairies

La ville des lumières semblent s’être assombrie depuis cette annonce qui fait débat depuis plusieurs jours. Les médias et les réseaux sociaux se sont emparés du sujet qui divise les professionnels du livre, les libraires et le gouvernement.

D’une part on trouve les fervents défenseurs et amoureux de la littérature scandalisés par cette restriction à la liberté culturelle. Tel que François Busnel qui a lancé une pétition en ligne pour la réouverture des librairies qui compte déjà plus de 189 000 signatures. Il s’est également mobilisé avec l’académicien Erik Orsenna et Anne Hidalgo pour adresser une lettre au Président de la république ce lundi. Ils demandent à Emmanuel Macron de revenir sur sa décision.   

L’auteur de bande dessinée et romancier Joann Sfar a lui multiplié les posts sur Instagram dévoilant une série de dessins. Dans cette succession de posts il s’oppose ouvertement aux mesures prises par le gouvernement et le supplie de revenir sur sa décision. « Je n’arrive pas à croire cette info. On leur reproche de laisser la Fnac ouverte et de fermer les librairies. Leur réponse consiste à fermer le rayon livres des grandes surfaces. Les grandes surfaces restent ouvertes sauf pour le rayon livres ! Le livre devient un produit dont on interdit la vente. Votre politique, sans jeux de mots est illisible. Ouvrez les librairies ! » déclare t-il dans un dessin.  

Les Français lisent-ils vraiment ? 

Sur Twitter certains internautes sont exaspérés par le débat concernant les librairies. Un parallèle a été fait dans un article du magazine en ligne Slate : « On assiste à une flambée du mythe de la petite librairie de quartier comme on voyait fleurir en avril les crispations de joggers insupportés par leur impossibilité de s’entraîner. » L’article révèle que « pendant le confinement du printemps, 46% des Français·es n’ont lu aucun livre. » Un paradoxe typiquement français.

Après le jogger français, la tendance de cet automne est celle du lecteur assidu, qu’en sera t-il de la tendance pour cet hiver?

Visuel : ©Creative Common

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Lalouchi Naoual

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