Politique culturelle

Femme et directrice de lieu culturel : un futur en construction

Femme et directrice de lieu culturel : un futur en construction

08 mars 2017 | PAR Laetitia Zicavo

A l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) demande des engagements concrets de la part des candidats à la présidentielle. Selon l’organisation, il est en effet nécessaire pour le/la futur(e) président(e) de travailler sur la question de la parité homme/femme dans le domaine de la culture et de la communication.

 

Au vue des présidentielles qui se profilent peu à peu, il est important pour la SACD de pointer du doigt les points faibles de la politique de parité et de tenter d’y remédier. A travers leur communiqué d’aujourd’hui, la société espère bousculer les candidats afin qu’ils montrent leur envie de défendre une politique culturelle ouverte et représentative de la diversité de la population. Leur brochure « Où sont les femmes », édition 2016, donne un bilan accablant des cinq dernières années. La présence des femmes aux postes de direction de lieux et d’établissements culturels reste très faible. De plus, les chiffres parlent d’eux-mêmes : une étude du CNC montre que seulement 21% des films réalisée en 2015 l’ont été par des femmes, et seules 12% des fictions TV sont réalisées par des femmes. Suite à ce bilan accablant , l’organisation propose des mesures fortes afin d’enrayer le mouvement. Notamment parmi celles-ci : la mise en place d’objectifs chiffrés dans la politique de réduction des inégalités, rendre obligatoire la parité dans la composition des jurys et autres comités d’experts dépendant du ministère de la Culture et de la Communication, ou encore, inscrire des engagements concrets et mesurables en faveur de la présence des femmes et des œuvres créées et/ou mises en scène par des femmes dans les cahiers des charges des établissements et des services publics culturels et audiovisuels.

Si le chemin semble être encore long avant qu’une vraie place durable soit faite aux femmes, des efforts sont tout de même à noter. Dans des communiqués du ministère de la Culture et de la Communication, il est fait mention de plusieurs nominations à la tête de centres culturels. Audrez Azoulay a ainsi validé celle de Fériel Bakouri à la direction de l’Apostrophe, scène nationale de Cergy-Pontoise et celle de Béatrice Daupagne à la direction de l’Arc, scène nationale du Creusot. La ministre réunissait par ailleurs aujourd’hui, rue de Valois, une cinquantaine de femmes ayant pour trait commun de faire avancer la culture et l’art au quotidien. Saluant leur travail, elle a rappelé l’engagement du ministère pour la parité et a évoqué les objectifs décidés en décembre derniers lors du comité ministériel pour l’égalité entre les hommes et les femmes dans les domaines de la culture et de la communication prévoyant notamment une circulaire pour favoriser le soutien à des projets artistiques initiés par des femmes. Le ministère souhaite également mettre en place une grande collecte nationale autour de la place des femmes en novembre 2017. Elle sera dirigée par un comité scientifique à la tête duquel l’historienne Françoise Thébaud veillera à au recueil d’archives privées des différents mouvements féministes du XXe siècle. L’INA nommait également récemment une nouvelle directrice de la communication, Myriam Kryger qui prenait ses fonctions le 3 janvier dernier. En outre, le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports tenait à communiquer, en cette Journée internationale des Droits des femmes, sur la féminisation du sport. Il déclare entre autres que « la féminisation du sport passe d’abord par une meilleure représentativité des femmes dans les instances dirigeantes des fédérations ».

Toutes ces initiatives sont honorables et un certain nombre de femmes a été nommé récemment mais cela ne change pas le cruel manque de représentation des femmes dans l’espace décisionnaire. La SACD déclare d’ailleurs : « Ces dernières années, on ne peut nier une réelle prise de conscience des inégalités que vivent les femmes dans le secteur de la culture et de la communication. Pour autant, les progrès ponctuellement enregistrés ici et là, notamment à travers certains mouvements de nominations, ne sont pas suffisants pour espérer aller vers la parité à court ou moyen terme. »

Visuels : © MCC / Vincent Baillais

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Laetitia Zicavo

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