Politique culturelle
Eric Ruf, le candidat de la troupe, à la tête de la Comédie-Française

Eric Ruf, le candidat de la troupe, à la tête de la Comédie-Française

16 juillet 2014 | PAR Christophe Candoni

Eric Ruf va prendre la direction de la Comédie-Française et succéder ainsi à Muriel Mayette en poste depuis huit ans. C’est donc encore un acteur issu de la troupe, son 498e sociétaire, qui s’apprête à occuper les fonctions d’administrateur général.

Ce choix consensuel et rassembleur n’inaugure pas à priori un véritable tournant artistique dans la maison de Molière où une fois de plus se trouve favorisée l’autarcie dérangeante dont pâtit déjà fortement l’institution fermée sur elle-même. Noyée dans ses guerres intestines, la Comédie-française aurait pu bénéficier de l’irrigation d’un sang neuf venu de l’extérieur. Les candidats malheureux Stéphane Braunschweig et Christian Schiaretti étaient en lice pour cela.

La nomination d’Eric Ruf devrait être annoncée ce mercredi 16 juillet en conseil des ministres par François Hollande qui a pris lui-même la décision alors que sa ministre de la culture Aurélie Filippetti avait pour favori l’actuel directeur de la Colline.

Acteur accompli et brillant, Eric Ruf  a joué sous la direction de metteurs en scène tels Jacques Lassalle, Anatoli Vassiliev, Andrzej Seweryn, Patrice Chéreau, Robert Wilson, Brigitte Jaques-Wajeman, Jean-Louis Benoit, Claude Stratz, et Alain Françon. Pour accomplir son travail, il devra quitter les plateaux où il a souvent irradié dans les rôles de Louis Laine puis Mesa de Claudel, Pyrrhus dans Andromaque, Ulysse dans le Troïlus et Cressida de Shakespeare que montait son frère metteur en scène, Christian dans le Cyrano de Rostand  mis en scène par son ami et fidèle soutien Denis Podalydès, grand adversaire de Muriel Mayette. Scénographe et metteur en scène à l’occasion, il a dirigé la troupe dans un Peer Gynt chatoyant au Grand-Palais en 2012.

A la Comédie-Française, le petit entre-soi confortable continuera-t-il son gentil train-train après des années où beaucoup de spectacles ont été assurés par la troupe elle-même et sans grand génie ? Eric Ruf affirme vouloir ouvrir le Français sur le monde et inviter des grands metteurs en scène internationaux. En attendant, puisque son mandat prendra effet à partir du 4 août prochain, il devra assumer la programmation déjà établie par sa prédécesseure pour la saison 2014/2015.

Photo © Christophe Raynaud De Lage

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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