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Au Bénin, des restaurations patrimoniales afin de conscientiser le public à propos d’un douloureux passé colonial

Au Bénin, des restaurations patrimoniales afin de conscientiser le public à propos d’un douloureux passé colonial

12 août 2020 | PAR Loïs Rekiba

À Ouidah, une ville côtière béninoise située à 42 km de Cotonou connue pour avoir été l’un des centres les plus importants d’embarquement d’esclaves dans le cadre de la traite négrière occidentale, les pouvoirs publics ont décidé d’engager toute une restauration des monuments historiques. Ceci dans le but de conter au public l’histoire encore à vif de la traite négrière et de la colonisation.

Un but mémoriel

Cette décision de la part des pouvoirs publics béninois semble totalement à contre-courant de ce qu’il se passe dans le reste du monde. En Europe et aux États-Unis, des statuts de personnalités coloniales se retrouvent déboulonnées car elles incarnent, à même l’espace public, un passé colonial qui ne passe pas, qui ne passe plus.

L’histoire coloniale est très présente dans la ville de Ouidah. La ville a été, du XVIIème jusqu’au XIXème siècle, l’un des points centraux de l’échange et de l’embarquement d’esclaves dans le cadre de la traite négrière. Là-bas, les pouvoirs publics ont décidé d’entamer la rénovation de deux bâtiments symboliques, le port et le musée, pour faire vivre la mémoire et inviter le public à entamer une réflexion à son propos. Les travaux, qui devraient s’achever à la fin de l’année, ont forcé le musée à exposer sa propre collection depuis le 3 aout. 

Une nouvelle offre touristique

Pour les pouvoirs publics béninois, l’objectif est clair et assumé : promouvoir l’industrie touristique en faisant du Bénin le lieu d »une exception culturelle », comme l’indique premièrement le ministre du Tourisme Jean Michel Abimbola, pour ensuite insister sur l’investissement du gouvernement dans ce grand projet de restauration grâce à un budget alloué d’un milliard d’euros.

À l’AFP, Eric Accrombessi, un guide touristique originaire de la ville a lui quant à lui souligné la dimension symbolique d’un tel projet de restauration qu’il insère dans une continuité formelle avec les combats de revendication de la reconnaissance du passé colonial et esclavagiste. Pour lui, « Ouidah est la ville la plus marquée de l’histoire en esclavage » et  » au-delà des mouvements de revendication de la cause des noirs » il s’agit de faire en sorte que « les sites qui ont connu l’histoire puissent être améliorés (restaurés) pour que l’histoire ne meure pas »

 

©Photodelaportedunon-retour/domaine public/Wiki

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Loïs Rekiba

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