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Expression(s) Décoloniale(s) #2 avec Romuald Hazoumè, une exposition originale au musée d’Histoire de Nantes

Expression(s) Décoloniale(s) #2 avec Romuald Hazoumè, une exposition originale au musée d’Histoire de Nantes

16 juin 2021 | PAR Léna Saint Jalmes

L’exposition temporaire Expression(s) Décoloniale(s) #2 du musée d’Histoire de Nantes offre un nouveau regard sur la colonisation et l’esclavage moderne.

Au cœur du Château des ducs de Bretagne, site emblématique de Nantes, le musée d’Histoire prend place ! Du Moyen-Age, aux guerres mondiales en passant par l’édit de Nantes et l’industrialisation (LU, BN), tout est passé en revue. La section sur la Traite atlantique et l’esclavage constitue même une référence au niveau international.

Réinvestir l’Histoire

Romuald Hazoumè introduit son travail au sein du musée. Ses œuvres parfois monumentales et toujours percutantes, montre son engagement contre toute forme d’esclavage, de corruption, de trafic… Elles font face aux pièces historiques du musée qui illustrent la traite négrière nantaise. Ses œuvres évoquent les contradictions du monde moderne où certains hommes sont considérés comme de simples objets.

Romuald Hazoumè est né en 1962 au Bénin. Dans les années 1980, il réalise ses premières sculptures à partir de bidons en plastique qui mettent en lumière sa vision des figures et systèmes politiques africains. Il réinvestit l’Histoire, tout en conservant un lien avec l’actualité. Ses structures de bidons déformés, de hauteurs impressionnante, s’érigeant comme des tableaux géants ou des totems, symbolisent le trafic pétrolier. Organisé par des milliers de Béninois, ils rapportent de la frontière nigériane une essence frelatée et donc moins chère que celle vendue par l’Etat. Il met en exergue l’ampleur de ce trafic moderne et les dangers qu’encourent les personnes transportant ces bidons d’essence.

Un artiste et un historien

Tout en visitant le musée d’Histoire, on y découvre les oeuvres de Romuald Hazoumè mais également le regard de l’historien Gildas Bi Kakou. Il dialogue avec les pièces du musée et nous montrent ces dernières sous un autre angle. On y découvre l’importance des sources orales africaines et la mémoire de la traite atlantique dans les sociétés anciennement esclavagistes.

Dans la cour du château des scooters ingénieusement organisés pour porter un maximum de bidons et jerricans côtoient un grand dé aux facettes colorées sur lesquelles la silhouette du corps du petit Aylan Kurdi est découpée. Les différentes faces sont composées de tongs retrouvées sur les plages, témoignages de leur migration. Des structures poignantes qui font réfléchir petits et grands.

Dans une salle, nous sommes invités à livres nos pensées sur l’historie de la traite négrière et les droits de l’Homme. Myriam et Margot, 8 et 9 ans ont résumé ça en deux mots : « La liberté ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Visuels : Léna Saint Jalmes

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Léna Saint Jalmes

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