Musique
‘Viva Nigeria, Viva Africa’ à la Philharmonie de Paris : Ouverture de la saison Fela Kuti

‘Viva Nigeria, Viva Africa’ à la Philharmonie de Paris : Ouverture de la saison Fela Kuti

12 octobre 2022 | PAR Melissa Chemam

Du 8 au 16 octobre, la Philharmonie de Paris offre une série de concerts en hommage au plus grand nom de la musique nigériane, avant l’ouverture de l’exposition événement le 20 octobre.

La série d’événements est attendue par beaucoup, bien au-delà de la capitale.

Pôle musical majeur de l’Afrique, le Nigéria a donné un grand nombre d’artistes au monde, aux influences majeures. Né en 1938 et décédé en 1997, Fela Anikulapo-Kuti reste une figure la musique mondiale, ayant inspiré de grands noms sur trois continents.

Fela est membre de la famille Ransome-Kuti, qui compte dans ses rangs le révérend, professeur et principal Israel Oludotun Ransome-Kuti – premier président du syndicat des enseignants du Nigeria, fondé en 1951, – et son épouse Funmilayo Ransome- Kuti, figure des luttes anticoloniales et pour les droits des femmes au Nigeria au tournant de l’indépendance.

Trompettiste, saxophoniste, chanteur, pianiste et compositeur, il fut tout autant un penseur du panafricanisme, un activiste et une star flamboyante, faisant résonner moult controverse. Créateur du style qu’il a baptisé « Afrobeat », mêlant des rythmes Yoruba, du free jazz, de la soul et funk, Cela a fait évolué sa musique au fil de ses formations, intégrant progressivement des cuivres et percussions inégalés.

Avec ses groupes Afrika 70 puis Egypt 80, Fela s’est entouré d’un nombre croissant de musiciens et a donné naissance à des musiques de plus en plus complexes.

Cycle de concerts

Le cycle de concerts et de spectacles célébrant l’inventeur de l’afrobeat nigérian, mélangeant jazz, groove, funk et “transe éruptive”, s’est ouvert ce week-end avec un premier concert samedi 8, réunissant Femi et Mádé Kuti, fils et petit-fils de Fela, accompagné de Kokoroko (en première partie), Obongjayar et la chanteuse franco-nigériane Asa, pour une rencontre en trois parties intitulées “Lagos Meets London”.

Dimanche soir, c’est la pièce Kalakuta Republik de Serge Aimé Coulibaly qui a été représentée, centrée sur les intérêts politiques indépendantistes, républicains et africanistes de Fela Kuti, qui s’est engagé sa vie durant contre l’injustice. La journée, le public était convié à des ateliers musique et des contes.

Lundi 10, le Nigeria est mis à l’honneur via une soirée exclusive qui propose d’abord un concert de Keziah Jones – rendant un vibrant hommage à Fela – puis un concert de Seun Kuti avec Egypt 80, formation iconique de l’afrobeat.

Les familles de Keziah et Seun trouvent toutes deux leurs origines dans la ville d’Abeòkuta, capitale de l’État d’Ogun et l’une des principales cités du Yorubaland, fondée dans la première moitié du 19ème siècle. Les deux artistes sont aussi issus de lignées éminentes de la ville.
La famille de Keziah Jones, de son vrai nom Olufemi Sanyaolu, s’inscrit dans la lignée du Balogun, autrefois chef de guerre et général des troupes du chef d’Abeòkuta, l’Aláké Admirateur de Fela Kuti, Keziah Jones se présente aussi comme l’un de ses héritiers, spirituel et politisé, une espèce rare de musicien, instrumentiste et chanteur au son unique et transporté par une mission.

Keziah et Seun au sommet

Le concert commence par une projection sur grand écran d’images de Fela en concert, alors que Keziah Jones salue la foule en français. Orné d’une cape blanche et d’un habituel chapeau feutre, il est entouré d’un orchestre digne de tous les Kuti, percussions, guitare, basse, batterie et cuivres.

Il nous propose un mélange de chansons, des siennes et de tubes de Fela, célébrant la nation africaine, s’adressant alternativement au public en Yoruba, anglais ou français, ou enchaînant par une courte danse.

Les titres instrumentaux résonnent de forte basses, surmontés du rugissement de la guitare de Keziah, du tonnerre de la batterie, puis de choeurs des cuivres (trompette/saxophone), faisant reprendre au public ses “La la di la la”, ou “Oh oh oh oh”…

Le public s’emballe sur ses titres “Pass the Joint” et “Cash”… Des titres très blufunk, le genre que Keziah a lui-même invité avec son album.

En deuxième partie, Seun Kuti, le plus jeune fils de Fela, a littéralement embrasé la salle, accompagné du groupe Egypt 80, comprenant plusieurs saxophonistes, trompettistes, batteur et guitare basse. Chant, danse, transe se sont mêlés aux rythmes pour 9à minutes de folle joie.

La fête continue

Samedi 15 octobre, la Philharmonie recevra la diva franco-béninoise Angélique Kidjo pour une interprétation de Remain in Light, album phare des Talkings Heads et fleuron de new-wave funky.

Enfin, dimanche 16, un hommage sera rendu au batteur légendaire de l’afrobeat Tony Allen, célébré le temps d’une soirée par une trentaines d’artistes, dont Oxmo Puccino, Vincent Taeger, Cheick Tidiane Seck et Yannis Philippakis.

L’exposition retracera quant à elle le cheminement et la trajectoire musicale de Fela visuellement, donnant à entendre et à comprendre les sources et l’évolution de l’Afrobeat. Elle ouvre le 20 octobre et sera accompagnée de nombreuses activités. A ne pas manquer.

Lien : https://philharmoniedeparis.fr/fr/magazine/actus/saison-2022-23-fela-kuti-rebellion-afrobeat

Retours sur le nouveau Ring berlinois (Tcherniakov / Thielemann) 4/4. Le Crépuscule des dieux
Agenda cinéma de la semaine du 12 octobre
Melissa Chemam

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture
Registration