Politique culturelle
À Chaillot, l’appel français à une stratégie européenne de la culture

À Chaillot, l’appel français à une stratégie européenne de la culture

12 avril 2014 | PAR Marie Boscher

Tout juste réinstallée rue de Valois, Aurélie Filippetti a profité du Forum de Chaillot sur l’avenir de la Culture et de l’Europe organisé samedi dernier pour signifier à l’Europe l’urgence d’instaurer une stratégie européenne pour la culture.

323aurelie_filippettiOrganisé à l’initiative de la France, le premier Forum de Chaillot a permis à Aurélie Filippetti de poser la France comme chef de file de la culture en Europe. Elle a ainsi proposé une cinquantaine d’actions pour la période 2014-2019 telles qu’un instrument européen de prêt à taux zéro pour le secteur culturel, la création d’un label européen de « villes culturelles », un plan de soutien à la mobilité des artistes et des œuvres, une politique fiscale adaptée à la révolution numérique ainsi que des mesures de soutien adaptées à cette nouvelle ère.

Avec le soutien de ces homologues européens, elle souhaite aussi laisser plus de place au numérique en lui appliquant la réforme de l’audiovisuel engagée en 2009. Cette directive avait supprimé la publicité sur les chaînes publiques et redonné au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel le pouvoir de nomination des gouvernances des sociétés de l’audiovisuel public.

Dans le communiqué officiel du ministère de la culture, Aurélie Filippetti a soulevé des questions cruciales que l’avenir de la culture. « Comment soutenir la création sur tous nos territoires ? Comment assurer la circulation des œuvres et des artistes sur l’ensemble de notre continent ? Comment favoriser les projets culturels communs ? » Selon la ministre de la Culture, l’Europe reste un « foyer de création » qui peut apporter des réponses à ces questions.

La ministre de la Culture a ainsi demandé la rédaction d’un livre blanc sur la culture qui sera remis en fin d’année à la Commission européenne, chargée de mettre en place les politiques communautaires.

Les intervenants, comme le cinéaste Costa Gavras ou le président du Parlement européen Martin Schulz, ancien libraire, ont rappelé leur souci de la démocratisation culturelle en Europe, qui doit être considérée comme un « bien public« . Le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier a quant à lui souhaité insister sur la question des droits d’auteur souvent menacés par le numérique.

Aurélie Filippetti a déclaré : « c’est dans la culture que l’Europe trouve son sens, c’est par la culture que nous sommes fiers d’être européennes, c’est l’Europe de la culture qui parle aux citoyens et rayonne dans le monde« . Elle a également rappelé que la culture représente 3,3% du PIB européen alors que seul 0,1% du budget lui est consacré. Aurélie Filippetti a alors souligné que « la culture ne doit pas être une variable d’ajustement ».

A quelques semaines des élections européennes qui auront lieu le 25 mai, la tenue de ce premier Forum semblait cruciale dans une ambiance de crise pour le monde de la culture. Entre les débats français sur le régime de retraite des intermittents du spectacle, la question européenne des droits d’auteur ou encore la décision de l’entreprise Netflix de s’installer au Luxembourg pour échapper aux régulations françaises, les sujets de discussion ont été nombreux. Les personnalités réunies ces 4 et 5 avril ont donc appelé à une certaine uniformisation de la gestion de la culture en Europe afin de permettre son évolution pérenne.

Visuels : photos officielles et logos.

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Marie Boscher

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