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Mort de David Hamilton

Mort de David Hamilton

26 novembre 2016 | PAR Araso

Le photographe britannique David Hamilton a été retrouvé mort hier soir dans son appartement du boulevard Montparnasse à Paris. Dans un entretien donné à l’Obs, publié le 18 Novembre dernier, la présentatrice Flavie Flament l’accusait publiquement de l’avoir violée lors d’une séance photo alors qu’elle avait 13 ans. Plusieurs autres femmes ont porté des accusations similaires depuis.

Il y a les accusations et il y a les clichés, publiés, diffusés, édités mêmes pour certains. Son livre The Age of Innocence, Aurum Press 1995, qui figure de très jeunes adolescentes nues ou dévêtues même été cosigné par son ex-épouse Gertrude Hamilton. Il est tout simplement hallucinant que son modus operandi ait pu perdurer pendant plus de soixante ans sans être interrompu.

En Juillet 2005, à la suite d’un jugement rendu par une cour de justice britannique qui qualifie le travail du photographe d' »indécent », le Guardian publie un article qui rappelle que les photographies de David Hamilton sont affichées dans la Bibliothèque du Congrès Américain, le Carnegie Hall et Palais Royal du Danemark. Rien que ça. A quel moment renonce-t-on à porter un regard critique sur la renommée ou les paillettes? Le propre de la célébrité est-elle de faire autorité sur le sens commun, y compris aurprès d’institutions publiques?

Flavie Flament n’aura jamais l’opportunité de confronter celui qu’elle reconnaît comme son violeur. Les autres non plus. Que sa culpabilité en ce qui concerne ces viols soit avérée ou non, il y a les clichés pédo-pornographies. Comment un tel individu  a pu s’épanouir et prospérer? Au Elle, au Queen, au Printemps, de Londres à Manhattan? Combien de David Hamilton et de Terry Richardson faudra t’il encore pour que la presse et la mode assument la responsabilité du choix de leurs collaborateurs?

En août 2015, le magazine Paris Match publiait un interview-éloge, brossant un portrait attendrissant de celui qui n’avait, de son propre aveu, aucune technique photographique. L’entretien se finissait par ces mots:

« Si vous aviez une fille, la laisseriez-vous poser dénudée??
Ah non?! Comme tous les pères, je serais là avec un fusil?!« 

Cher parent, si un photographe à demi connu avec des références alléchantes vous propose une séance photo avec votre fille ou votre fils mineur(e), vous savez quoi faire. Celui-là en tout cas ne sévira plus, une seule et maigre consolation pour ses victimes.

Visuel: David Hamilton, The Age of Innocence, 1995

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Araso

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