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L’affaire Siné continue à faire couler l’encre

L’affaire Siné continue à faire couler l’encre

28 décembre 2012 | PAR Marie Pichereau

Après avoir été condamné par le tribunal de grande instance de Paris (novembre 2010) dans l’affaire rebaptisée « Siné », Charlie Hebdo ravive la polémique en caricaturant son ex-dessinateur en une et en publiant pour l’édition de la semaine prochaine le communiqué judiciaire du procès.

L’affaire « Siné » remonte à juillet 2008. Le dessinateur et caricaturiste, de son vrai nom Maurice Sinet, avait émis une critique à l’encontre de Jean Sarkosy, à l’époque fils du président fraichement élu. Les propos étaient les suivants: « Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l’UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n’est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »

Le directeur de la publication du journal, lui annonce son licenciement le 15 du même mois pour avoir dépassé les règles de la charte de l’hebdomadaire. Siné assigne alors Charlie Hebdo en justice pour rupture abusive de contrat, réclamant 148.000 euros de dommages et intérêts. La polémique enfle lorsque de nombreux intellectuels français prennent parti dans la controverse à laquelle se mêlent des accusations d’antisémitisme. On reproche aussi les rapports présumés du dessinateur avec l’antisionisme et la critique de l’État d’Israël. D’un côté il y a les soutiens et de l’autre les réfractaires à l’humour satirique de Siné. Et l’affaire ne s’arrête pas là, elle donnera lieu à de nombreux procès, qui condamneront systématiquement le journal Charlie Hebdo.

Lors de son premier jugement, le TGI considérait : « qu’il ne peut être prétendu que les termes de la chronique de Maurice Sinet sont antisémites, ni que celui-ci a commis une faute en les écrivant ». Il faut savoir que cette même chronique avait été soumise à la relecture du directeur de publication. Les derniers rebondissements datent de décembre 2012 ou la Cour d’appel de Paris confirmait la condamnation du magazine et augmentait le montant des dommages et intérêts à 90 000 euros.

Même si le jugement a été rendu, Charlie Hebdo est bien disposé à régler ses comptes. Suite des hostilités, la semaine prochaine…

Visuels: Capture d’écran, Pure médias

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Marie Pichereau

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