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Fanzine : toute la (contre-)culture

Fanzine : toute la (contre-)culture

06 novembre 2013 | PAR La Rédaction

 

 

Le fanzine fait partie de la panoplie de la culture punk. Au-delà du fait que ces publications traitent souvent de musique rock et autres matières à contre-culture, les fanzines se sont développés dans l’esprit anti-consumériste qui a accompagné les années 70. Un Do it yourself plus libertaire, moins politiquement correct que celui que nous connaissons aujourd’hui.

D’abord, un fanzine est produit par un amateur, autrement dit un fanatic fait un magazine pour satisfaire sa passion, son but n’est pas la rentabilité, ni le professionnalisme. Une posture qui offre une totale liberté de ton : pas de dépôt légal, ni de périodicité implacable et autres contraintes qui habituerait un lectorat en vue de le voir grossir, toujours plus. Et justement, qui d’autres que des passionnés absolus pourraient s’intéresser à la correspondance entre des fans de science-fiction, objet du premier fanzine de l’histoire, The Cornet, apparu dans les années 30 aux Etats-Unis ?

C’est grâce à la photocopieuse, qui permet une reproduction à moindre frais, que les fanzines fleurissent loin de l’autoroute tracée par la culture main stream : après la science-fiction dans les années 30, ces publications se multiplient aussi autour de la bande dessinée, du polar ou de la poésie dans les années 50 . Dans les années 70, il devient le média favori du mouvement punk surtout dans la musique et les arts plastiques. Dans les années 80, en France, le renouveau de la musique rock s’accompagne de nombreux fanzines. Parmi eux, on citera Tant qu’il y aura du rock, créé à Poitiers par David Dufresne, aujourd’hui connu pour ces travaux journalistiques et documentaires (le webdoc Prison Valley en 2010 et très prochainement Fort McMoney).

De la photocopieuse à Internet

C’est sûrement parce qu’il est question d’amateurisme et de passion que les fanzines ont une durée de vie courte. Il faut cependant noter des exceptions comme Maximumrocknroll qui se revendique « International DIY punk fanzine, radio show, and record label. By the punks, for the punks since 1977 ». Aujourd’hui, on retrouve le ton libertaire et militant des fanzines sur les webzines qui offrent des capacités de diffusion plus grande encore que la photocopieuse.

L’histoire des fanzines est donc longue et elle résistera sûrement à toute tentative de typologie tant elle a été prolifique et libre. Cependant, depuis le début des années 90 apparaissent des fanzinothèques qui recensent de nombreux titres portés à sa connaissance, comme la Fanzinothèque de Poitiers. Autre signe qui manifeste l’entrée des fanzines dans l’histoire, depuis 1981, le Festival international de la BD d’Angoulême récompense un fanzine (en 2013, il était remis à Dopututto). Plus confidentiel qu’une expo à la Cité de la musique, FANZINES! Festival s’est déroulé pour la 3ème fois durant le mois d’octobre en différents lieux de Paris.

Le fanzine, s’il était à l’origine moyen de diffusion d’une culture qui était méprisée par les médias dominants, est maintenant un objet culturel comme la culture punk qui – incroyable – se retrouve affichée sur les murs très institutionnels d’un musée. Sans aucun doute, le punk est ailleurs.

Claire Teysserre-Orion

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La Rédaction

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