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Le FIGRA 2021 s’achève ce week-end

Le FIGRA 2021 s’achève ce week-end

03 octobre 2021 | PAR Julia Wahl

Le FIGRA 2021 avait lieu pour la première fois à Douai, après plusieurs années au Touquet. Cette 28e édition du festival consacré au Grand Reportage d’actualité s’est déroulée du 29 septembre au 3 octobre au Cinéma Majestic de la ville des Géants. Un moment singulier, de projections et de débats, pour prendre le pouls du monde.

Une fenêtre crue sur l’horreur du monde

Des migrants qui tentent désespérément de passer une frontière ou d’obtenir des papiers, des femmes battues ou victimes d’inceste, des médecins syriens qui se battent pour maintenir en vie les victimes des attaques chimiques de Bachar El Assad… Cette édition 2021 du FIGRA nous montre le monde dans son horreur et sa nudité crues, sans faux semblant. Un monde terrible, où les plus faibles sont la proie des plus forts, mais aussi un monde d’espoir grâce à l’entraide et des poches de résistance un peu partout sur la planète.

Mettre en lumière les Grands Reporters prometteurs

L’objet principal de ce festival est à la fois de faire entendre ces voix qui nous bousculent, mais aussi de mettre en valeur des grands reporters et, partant, de les aider à trouver des producteurs pour leurs projets en cours ou à venir. Aussi l’un des prix est-il le Prix Coup de pouce, qui prime un projet de reportage afin d’attirer l’attention des producteurs. Celui de cette année est allé au projet On me dit que je suis mère de Justine Sagot, sur les femmes équatoriennes poursuivies pour suspicion d’inceste. Une mention spéciale fut attribuée au projet de Rafik Omrani Meeting Sisyphe, sur un village tunisien luttant contre l’invasion du sable. 

Des reportages qui sortent du lot

Ces prix furent attribués en grande pompe dans l’auditorium du Conservatoire à Rayonnement régional de Douai, en une cérémonie présidée par le journaliste Nicolas Poincaré et introduite le maire de Douai Frédéric Chéreau et le Délégué général du FIGRA Georges Marque-Bouaret (voir ici notre interview). Une remise des prix qui fit la part belle aux jeunes : tandis que le Conseil municipal des enfants de Douai remit son prix à Macaraïbo, génération sacrifiée, de Roméo Langlois et Jorge Benezra (également lauréat du Grand Prix du FIGRA moins de 40 minutes), le Jury Jeunes, composé de lycéens de la Région, et les étudiants de l’ESJ décidèrent de primer On the line, les expulsés de l’Amérique de Léo Mattei et Alex Gohari. Un festival décidément bien faste pour ce reportage, également lauréat du Grand Prix du FIGRA plus de 40 minutes) !

Ces deux films ne furent pas les seuls à être lauréats de plusieurs prix : Tous surveillés : 7 milliards de suspects, de Sylvain Louvet et Ludovic Gaillard, par ailleurs lauréat du Prix Albert Londres Audiovisuel, rafla le Prix Scam de l’Investigation et le Prix du Public Plus de 40 minutes ; quant à Tuer l’Indien, dans le cœur de l’enfant, de Gwenlaouen Le Gouil, il reçut le Prix Arnaud Hamelin SATEV-FIGRA et le Prix Spécial du Jury.

Les autres prix furent : Prix Reporters sans frontières attribué à Arica, de Lars Edman et William Johansson Kalén ; Mention spéciale du Jury plus de 40 minutes : Les Routes de la discorde de Bryan Carter (et une distinction pour L’État du Texas contre Mélissa de Sabrina Van Tassel) ; la Mention spéciale du Jury moins de 40 minutes pour Les Fantômes de Karachi de David Muntaner ; le Prix Terre(s) d’Histoire pour Sur les traces de Gerda Taro de Camille Ménager et une Mention spéciale Terre(s) d’Histoire pour Iran, Israël, Etats-Unis, La longue guerre de Vincent de Cointet et le Prix Autrement vu pour Scolopendres et papillons de Laure Martin Hernandez et Vianney Sotès.

Un moment de rencontres et d’échanges

On ne saurait toutefois résumer le FIGRA à une remise de prix : inhérents au festival sont les échanges qui suivent chaque projection et permettent au public de creuser, avec le soutien de son auteur, le sujet du reportage. Ce sont aussi des projections de films hors compétition, un important travail d’Éducation aux médias, en lien avec les Rectorats de Lille et d’Amiens et l’accueil, cette année, de 1300 élèves d’après son délégué général et une adaptation théâtrale du Quatrième Mur de Sorj Chalandon au Théâtre de Douai. C’était également une rencontre autour d’Albert Londres le vendredi 1er octobre et un débat sur la concentration des médias le samedi 2 avec des intervenants comme Xavier Couture, Isabelle Roberts, Jean-Baptiste Rivoire et Julia Cagé.

Visuel : affiche du FIGRA

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Julia Wahl
Professeure de lettres durant dix ans, chargée de production de diverses compagnies de danse ou de théâtre, chargée d'action culturelle et des relations publiques... Tout ce qui a trait à la promotion de la culture et au développement de ses publics me passionne. Parce que l'on ne peut voir un spectacle sans vouloir transmettre ses émotions, je chronique régulièrement le cinéma, le théâtre et la politique culturelle pour Toute la Culture.

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