Actu
Les Femen débarquent à Orsay

Les Femen débarquent à Orsay

15 septembre 2020 | PAR Eliaz Ait Seddik

Ce dimanche 13 septembre, les militantes féministes Femen ont investi l’espace du Musée d’Orsay : un geste politique et esthétique, en réponse à l’accueil fait il y a quelques jours à une jeune femme portant un décolleté. 

nu féminin

Ce n’est pas une performance, mais d’une certaine façon ça en a tout l’air. La rencontre hétérogène de corps nus au milieu d’autres corps nus. Les poitrines dénudés des Femen rencontrant les corps gravés dans le marbre des sculptures exposées au Musée d’Orsay. Mais, derrière ces apparences, il s’agit surtout d’un geste de révolte. 

La robe de la discorde 

Une révolte initiée le 8 septembre, par ce que la victime des faits appelle elle-même la « robe de la discorde ». En effet, lorsque elle arrive au plein milieu de l’après midi pour visiter le musée d’Orsay, Jeanne, 22 ans, est loin de se douter que sa robe décolletée provoquera une telle succession d’événements. Une agent du musée semble, tout d’abord, offusquée par sa tenue, puis un deuxième agent de sécurité vient exiger, selon un prétendu règlement qu’il n’est pas en mesure de lui présenter, qu’elle se couvre d’une veste afin d’entrer dans l’enceinte du musée. Elle obtempère, mais le 9 septembre, dans une lettre ouverte au musée d’Orsay, qu’elle poste sur Twitter, Jeanne analyse très clairement le double standard dont elle s’est retrouvée, comme beaucoup de femmes dans d’autres situations, la cible : « Je ne suis pas que mes seins, je ne suis pas qu’un corps, vos doubles standards ne devraient pas être un obstacle à mon droit d’accès à la culture et à la connaissance ».  

Soutiens, excuses et gestes de révolte

Sur les réseaux sociaux, les soutiens ne tardent pas à se manifester en nombre. En grande partie, par d’autres femmes qui reconnaissent dans cette situation humiliante, des circonstances déjà vécues. Ainsi, les jours suivants le post de Jeanne, plusieurs personnes rediffusèrent des photos de femmes se dénudant devant des tableaux de nus, autant geste de soutien, qu’une manière de souligner l’absurdité d’un code vestimentaire strict dans un lieu où les corps sont librement exposés. 

Réponse au musée d’orsay (qui avait refusé l’entrée du musée à une femme à cause de son décolleté « plongeant »)

Publiée par Elisabeth Fagois sur Jeudi 10 septembre 2020

 

Malgré le fait que dès le 9 septembre, le Musée ait présenté ses excuses pour cet « incident », qu’il affirme relever de la responsabilité individuelle de l’agent, les Femen ont décidé de porter les dénonciations picturales qui prenaient place sur les réseaux sociaux, au niveau supérieur, in situ du Musée d’Orsay lui-même. Ainsi, ce dimanche 13 septembre, leurs corps peints de slogans anti-patriarcat tels que « l’obscénité est dans vos yeux », qu’elles scandaient aussi à hautes voix, sont venus occuper l’espace d’exposition. Une action qui, au delà du cas particulier de Jeanne, vient, comme l’affirme leur communiqué, s’opposer à « la sexualisation du corps des femmes ». Quoi de mieux alors que l’espace muséal, qui accueille de nombreux nus féminins, de L’origine du monde de Courbet aux sculptures antiques, pour dénoncer le regard masculin institutionnalisé et la façon dont il peut tour à tour célébrer ou condamner la nudité féminine selon son bon vouloir.   

 
 
 
 
 
Voir cette publication sur Instagram
 
 
 
 
 
 
 
 
 

#cecinestpasobscene #femen #museedorsay

Une publication partagée par Alexandra (@alex.miranda.larrahona) le

© Pierre Réveillé 

Thomas Scimeca : « Notre fiction rattrape à son tour la réalité: la course est serrée »
Delphine Travers nous parle du Chateau d’Auvers sur Oise
Eliaz Ait Seddik

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *