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Le photographe syrien Ameer Al Halbi blessé lors de la Marche des Libertés

Le photographe syrien Ameer Al Halbi blessé lors de la Marche des Libertés

30 novembre 2020 | PAR quentin didier

La manifestation contre le nouveau projet de loi ‘’Sécurité Globale’’ et les violences policières, a réuni plus de 100 000 personnes à travers la France. Des incidents entre policiers et certains manifestants et civils sont à déplorés. Certains blessés n’étaient pourtant armés que d’un simple appareil photo.


A Paris, la Marche des Libertés a rassemblé plus de 40 000 personnes. Le rendez-vous était pris Place de la République et devait rejoindre la Place de la Bastille. La préfecture de police a par ailleurs autorisé le rassemblement mais pas la marche. Des heurts entre les manifestants et les forces de l’ordre ont éclaté, menant à 9 interpellations et des dizaines de blessés chez les policiers selon le Ministère de l’intérieur.

Des blessés sont également à déplorer chez les manifestants. Parmi eux, le jeune photographe syrien Ameer Al Halbi. Aujourd’hui réfugié en France suite à la guerre civile syrienne, Ameer Al Halbi est connu pour ses clichés dans la région d’Alep. Depuis 2012, la plus grande ville du pays est en proie à une guerre civile entre le régime de Bachar el-Assad et des rebelles. L’intervention d’alliés extérieurs, et notamment la Russie, place le régime de Bachar el- Assad dans le sens de la victoire et les rebelles sous les bombardements. A 24 ans Ameer Al Halbi a déjà reçu de nombreux prix pour sa couverture de la bataille d’Alep qu’il a réalisé pour l’AFP.

Le photojournaliste syrien couvrait de manière indépendante la Marche des Libertés ce samedi 28 novembre à Paris. Il ne portait selon le témoignage de sa collègue Gabrielle Cézard, ni brassard presse ni casque. Lors d’une charge des forces de l’ordre, Ameer prend alors un coup de matraque en plein visage. Le cliché de Gabrielle Cézard pris dans l’ambulance qui le conduit à l’hôpital deux heures après le coup, révèle un visage tuméfié et ensanglanté, entouré de bandages. Son témoignage pour l’AFP révèle également que l’acte n’était clairement pas nécessaire : « Nous étions identifiables comme photographes et tous collés à un mur. On criait « presse ! presse ! ». Il y avait des jets de projectiles du côté des manifestants. Puis la police a mené une charge, matraque à la main ».

Ameer Al Halbi est finalement sorti de l’hôpital avec un nez cassé et des blessures à l’arcade. L’AFP a obtenu l’ouverture d’une enquête pour violences alors que Reporter sans frontières dénonce des « violences policières inacceptables ». Rappelons que la Marche des Libertés s’est initiée à la suite de l’agression de Michel Zecler par quatre policiers qui lui ont asséné de nombreux coups pendant près de 15 minutes. Le témoignage des agresseurs a été aisément démenti par les images des caméras de surveillance. Rappelons aussi que les manifestations de samedi 28 novembre réclamaient le retrait du projet de loi ‘’Sécurité globale’’. L’article 24 sanctionne l’enregistrement de forces de l’ordre en action sous couvert de protéger leurs identités. Mais une nouvelle fois, qui nous protège d’eux ?

Visuel ©Jules Creative commons

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quentin didier

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