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Le nu publicitaire défend la santé

Le nu publicitaire défend la santé

28 septembre 2012 | PAR Marie Pichereau

La place du nu dans la publicité n’est pas récente. Le plus souvent assimilé a de l’érotisme voir à la provocation, le nu à beaucoup fait vendre en surfant sur le leitmotif du sexe et de la polémique. (Parfum, cosmétiques, vêtements, bijoux). Un assemblage qui fait parler et réagir les consommateurs et surtout qui fait vendre. Derrière ses démarches publicitaires ciblées, on retrouve depuis quelques temps, un nouveau visage du nu dans la publicité.

Crise mondiale oblige, cette image du corps ne va plus desservir le désir, mais représenter la simplicité, se heurtant du même fait à la société de consommation. Le mot d’ordre est simple : On consomme responsable, on vit simplement, pour ne pas dire naturellement. Largement porté par l’arrivée de l’écologie et de l’alimentation bio, cette monstration du corps devenu banal tend à s’éloigner de l’attrait sexuel et se veut plus porté sur la nudité « saine »: Mens sana in corpore sano. On retrouve cette démarche dans les publicités qui ont attrait à l’alimentaire. Dernière en date une publicité pour le lait d’une grande chaine d’Hypermarché. Diaporama stéréotypé, une femme est dans les champs, elle tient une bouteille de lait bio, entourée par des vaches. La pub se termine avec en arrière plan la même femme nue derrière une planche publicitaire où il est inscrit: « ne prenez que le meilleur », sous-entendu, le meilleur c’est l’alimentation bio. L’utilisation de corps nu n’est ici que suggérée, mais renvoie à l’essence même de la nudité qui se veut être simple et non plus idéalisée. Il vante la bonne santé et non plus l’esthétisme parfait. Le nu mue vers le naturisme et l’équilibre. Dans le même registre une récente publicité anglaise de Richmond Ham, prône à son tour par le biais de la nudité «  le goût du 100% naturel ». Teinté d’un humour très british, la publicité illustre, le fait de bien manger et les bonheurs naturels qui en découlent. Publicité Richmond Ham.

Autre exemple plus heurtant, l’une des publicités de ADESF (L’association brésilienne anti-tabac) qui expose une femme et un homme, dans le plus simple appareil une cigarette à la bouche. Au niveau des poumons une coupe franche a été faite, on peut y constater les ravages de la cigarette sur l’organisme. En contradiction avec la peau qui est blanche est saine, le cancer est flamboyant avec des couleurs rouges et jaunes très vives. Une fois encore c’est la santé du corps qui est mis en avant. Ce n’est plus l’enveloppe corporelle qui parle dans la publicité mais, le contenu même du corps, son anatomie. Le nu publicitaire s’est mis au service de la santé et prend comme adversaire le « progrès » matériel. On se défend à juste titre de ce qui peut polluer notre corps.

Greenpeace a repris cette thématique en 2009. Plus de 700 personnes se réunissent nues dans les vignobles français de l’artiste Spencer Tunik. Le corps parle et dénonce les changements climatiques et leurs répercutions sur les collectes des vignes françaises. Pascal Husting, directeur de Greenpeace France s’était exprimé en ces mots : « Si nous n’agissons pas ici et maintenant, l’homme et l’ensemble de son patrimoine culturel sont à terme condamnés ! » Et d’ajouter « Les terroirs français subissent déjà les conséquences des changements climatiques. Il appartient à chacun d’entre nous de faire entendre sa voix -ou de faire parler son corps – pour presser les politiques d’agir…

Le corps nu apparaît donc également comme une nouvelle arme de persuasion, une arme politique qui permet de faire bouger les choses. Le corps est une chose vulnérable dont on doit s’occuper et protéger. Dans le même esprit, la dernière publicité du groupe d’assurance MMA prend comme slogan : « le conducteur nu sans protection ». La campagne vise les conducteurs de scooters. Le nu sert un propos qui rejoint les précédents à savoir la fragilité du corps et la préservation qui doit être mise en oeuvre pour le garder intact.

Crédit: Nakedworld.com
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Marie Pichereau

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