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Disparition de Christian Parra

Disparition de Christian Parra

16 août 2015 | PAR Sabina Rotbart

Bonhomme, bon vivant, généreux, le chef très étoilé vient de tirer sa révérence. Mais il a su, avant, transmettre son savoir-faire.

 



Il fallait le voir Parra, entouré de tous ses amis venus fêter l’anniversaire de ce chef très chantant. Ses deux macarons Michelin ne l’empêchaient pas de venir en salle, de prendre sa guitare et de décliner tout le répertoire de la chanson française, sans se faire prier. Ferrat, Brassens et les autres. Parra avait plein des amis, des vieux, des jeunes aussi qu’il formait au Lycée hôtelier de Biarritz ou conseillait. Comme le pétillant Cédric Béchade, celui de l’Auberge basque, un de nos chefs de cœur. Ou à Paris, Sébastien Gravé du Pottoka .

La table doublement étoilée de Parra, c’était l’auberge de la Galupe, tout près de Bayonne, là où le fleuve Adour se prend pour l’Amazone. Roland Barthes était son très proche voisin.C’est dire si c’est là un pays plein d’odeur et de goût. La galupe figurez vous, c’est le nom de ces bateaux à fond plat où les pêcheurs d’ici embarquent pour dénicher l’alose ou le saumon sauvage vif-argent. Ces poissons rares, ils les ramenaient à Parra qui en est devenu le défenseur et le héraut. Passeur aussi Parra, il a fait connaître en France la ventrêche de thon, sublime partie de l’animal que seuls nos voisins espagnols savaient alors apprécier à sa fondante mesure. Pour toutes ces bonnes raisons (mais sans doute aussi parce qu’il était un être charmant), Slow food avait repéré ce basque bondissant et joyeux et l’avait fait venir à ses grandes fiestas gouteuses de Turin.

De l’usage du groin de porc…
L’homme s’était encore illustré dans une réussite paradoxale, un boudin sophistiqué (mais oui cela existe !) et pour son caractère farceur, du genre à vous filer un groin de porc comme gomme à mâcher !

Natif d’Urt, près de Bayonne, vivant entre la ferme de son grand-père et l’épicerie familiale, Parra était d’une générosité rare. Il partageait encore dernièrement ses bonnes adresses avec celui qui vient juste de reprendre l’Auberge de la Galupe, Didier Periz, gourmet et honnête homme, qui ne se pique pas d’être chef(il fut éditeur juste avant!) mais ne sert que de bonnes petites nourritures locales et précises, le boudin de Christian notamment, des jattes de fromage frais du coin et des poissons sauvages. Bref, le chef que nous aimions a disparu, mais il nous reste à admirer comment il a bien su transmettre.

La galupe : 05.59.20.30.70. Port de l’ Adour 15, 64240 URT
Le Boudin de Christian Parra se vend en conserve chez Anne-rozès.com
Facebook: https://www.facebook.com/pages/La-Galupe/337002963165386

visuel : ©La Galupe

Alexandra Soumm et Ismaël Margain
« Venus d’ailleurs », chroniques d’une vie de réfugiés par Paola Pigani
Sabina Rotbart
journaliste en tourisme culturel, gastronomie et oenotourisme. [email protected]

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