Actu
Des croix gammées révoltent les habitants de Brooklyn

Des croix gammées révoltent les habitants de Brooklyn

24 novembre 2016 | PAR Joanna Wadel

Adam Horovitz, chanteur du groupe pionnier du hip-hop, The Beastie Boys et plus de 300 personnes ont manifesté leur outrance suite à la découverte de croix gammées sur les murs d’un parc de Brooklyn portant le nom d’Adam Yauch, également membre des Beastie Boys décédé en 2012. Cette résurgence de l’antisémitisme aux Etats-Unis est galvanisée depuis plusieurs semaines par l’élection de Donald Trump, accompagnée de sorties nauséabondes des groupuscules d’extrême droite en faveur d’une politique d’exclusion raciale.

Malgré la présence, hélas commune, de croix gammées taguées sauvagement à même les murs de certaines capitales, car fréquemment utilisées comme symbole provocateur par tous les fascistes du monde, celles qui ont été découvertes par les New-Yorkais dans ce parc du quartier de Brooklyn ont poussé les habitants à se réunir pour exprimer leur rejet face à la montée d’un racisme accru par l’élection du nouveau président des Etats-Unis, Donald Trump. Le lieu est plus que symbolique, situé dans un quartier des plus représentatifs historiquement du brassage ethnique des populations d’Amérique du nord, le petit parc porte le nom du chanteur et bassiste, fondateur des Beastie Boys. De confession juive, il avait été emporté par un cancer quatre ans plus tôt.

La réaction est unanime ; élus, représentants religieux et anonymes scandent un seul et même refrain « We will stand together« . Adam Horovitz avait appelé au rassemblement sur son compte twitter : « La haine n’a pas sa place, à Brooklyn, à New-York ou en Amérique. Rejoignez-nous dimanche pour dénoncer les messages de haine » avait-il clamé. Il semblerait que le message ait une résonance particulière, soutenu par des centaines de citoyens dans une marche pacifique ce dimanche 20 novembre, dont certains sont venus déposer des bouquets de fleurs dans le square et entonner l’hymne Américain.

Le Southern Poverty Law Center, observatoire de l’extrémisme, tire la sonnette d’alarme quant à la multiplication de ce genre d’actes, qui mettent en avant ce que les lobbies xénophobes considèrent comme étant une victoire du racisme sur les communautés issues de l’immigration ainsi que toutes autres minorités et plus globalement sur la pensée progressiste. Andrew Cuomo, gouverneur de l’Etat de New-York et Bill de Blasio, maire de la ville ont déjà pris des dispositions pour lutter davantage contre cette vague d’actions racistes qui s’annonce violente et ne promet rien de bon.

La priorité étant la protection de la population et des minorités visées, qu’elles soient ethniques religieuses ou sexuelles. Quelques mesures phares sont prévues comme l’ouverture d’une ligne téléphonique spécialisée pour les victimes d’agressions racistes et un budget spécifique pour assurer une protection juridique aux immigrés. Des initiatives encourageantes qui laissent penser que l’élection de Trump pourrait au moins avoir une issue favorable à l’unification de la population et à un renforcement de la solidarité interculturelle dans certains états progressistes, comme celui de New-York.

Visuel : @tservo42 – ©Twitter

Urgence psychiatrique pour Kanye West
[Live report] Balkan Beat Box au festival Jazz’n Klezmer : des cuivres puissants et une première partie chaleureuse
Joanna Wadel

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *