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Décès du biologiste et résistant François Jacob

Décès du biologiste et résistant François Jacob

22 avril 2013 | PAR Camille Hispard

Prix Nobel de médecine en 1965,  et membre de l’Académie Française, François Jacob est décédé ce vendredi à l’age de 92 ans.

François Jacob était ce qu’on peut appeler un grand homme, un de ces génies d’humanité et de savoir qui se comptent sur les doigts d’une main. Biologiste de renom ayant été à plusieurs reprises récompensé  pour ses recherches sur la génétique bactérienne et les circuits de régulation, François Jacob avait obtenu en 1965 avec André Lwoff et Jacques Monod le prix Nobel de médecine pour ses travaux sur le contrôle génétique des synthèses enzymatiques et virales.

C’est le destin qui fera de lui un biologiste contrarié en quelque sorte, puisque ce dernier se voyait plutôt chirurgien, mais la vie, ou plutôt la guerre, l’en empêcheront, suite à des blessures au combat. Il choisit alors la biologie « par nécessité intérieure et hasard extérieur » raconte-il dans son autobiographie La Statue intérieure, parue en 1987 aux éditions Odile Jacob.

Car, au delà du grand scientifique, François Jacob était aussi une grande figure de la Seconde Guerre Mondiale et surtout de la Résistance. A 20 ans, il rejoint dès juillet 1940 les Forces françaises libres en Afrique, puis en France.  Grand Croix de la Légion d’Honneur, Grand Officier de l’Ordre National du Mérite, Croix de guerre 39/45 et Compagnon de Libération, il incarne un des symboles de la Résistance. De 2007 à 2011, il fut également chancelier de l’ordre de la Libération.

Homme de science mais également homme de lettres, François Jacob est l’un des rares scientifiques à être entré à l’Académie Française en 1996. Reconnu pour ses ouvrages et ses articles scientifiques tels que La Logique du Vivant qualifié par Michel Foucault comme la « plus remarquable histoire de la biologie jamais écrite« .

Après l’annonce de son décès par l’ancien chancelier de l’ordre de la Libération Fred Moore, le Président de la République a salué la disparition du biologiste : « Avec François Jacob disparaît une grande figure scientifique qui aura honoré la France. […] François Jacob fut aussi un grand résistant. » Quant au premier ministre Jean-Marc Ayrault, il a tenu à rendre hommage à « l’homme de science, le passionné de lettres et le résistant, Compagnon de la Libération. […] Tout au long de sa vie, il aura su allier le courage de ceux qui ont combattu, notamment au sein des Forces françaises libres, à la passion qui anime ceux pour qui la connaissance ne peut avoir de limites. »

En plus d’être Prix Nobel de médecine, Compagnon de la libération et membre de l’Académie Française, François Jacob était aussi professeur titulaire de la chaire de génétique cellulaire au Collège de France de 1965 à 1991, membre de l’Académie des sciences nommé en 1977 et 16e personnage de l’Etat dans l’ordre protocolaire.

Mais au delà de ces médailles et de cette quantité de titres honorifiques, François Jacob était surtout un des pionniers de la génétique et un des grands penseurs de notre République, un humaniste libre et merveilleusement brillant. Une cérémonie militaire devrait avoir lieu ce mercredi en début d’après-midi aux Invalides.

Visuel (c) : Capture vidéo Ina.

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Camille Hispard

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