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Décès de Zizi Jeanmaire, célèbre interprète de « Mon truc en plume »

Décès de Zizi Jeanmaire, célèbre interprète de « Mon truc en plume »

17 juillet 2020 | PAR Chloé Hubert

La célèbre interprète de « Mon truc en plumes », Zizi Jeanmaire est décédée ce vendredi 17 juillet à Tolochenaz dans le canton de Vaud en Suisse, a annoncé sa fille. Après une longue carrière de ballerine et chanteuse de music-hall, Zizi s’est éteinte à 96 ans. 

Sa coupe à la garçonne, ses jambes interminables gainées de noir et ses « yeux à vider un couvent de trappistes en cinq minutes » selon les mots de Boris Vian auront marqué le monde du spectacle mondial et la vie nocturne parisienne. 

Zizi Jeanmaire née Renée – c’est sa mère qui la surnommait ainsi – commence le ballet très jeune. « Petit rat » de l’Opéra, elle s’en va sur un coup de tête à 19 ans.  » On rêvait d’aller voir le monde… J’avais envie de gloire, d’être reconnue avec autre chose que Giselle « , l’héroïne romantique par excellence. Le « on », c’est elle et Roland Petit, qu’elle rencontre à l’École de danse de l’Opéra de Paris alors qu’ils n’ont que 9 ans. Il sera l’homme de sa vie et ils auront une fille ensemble, Valentine, qui nous apprend le décès de sa mère aujourd’hui. 

La carrière de Zizi Jeanmaire est étroitement liée à celle de Roland Petit, l’un des plus grands chorégraphes français décédé en 2011. Elle rejoint en effet sa compagnie, les Ballets des Champs-Elysées avant de rejoindre définitivement en 1949 « Les ballets de Paris-Roland Petit ». Pour elle, il créé le ballet Carmen au Princess Theater de Londres. Il souhaite une danseuse androgyne et lui fait couper ses cheveux, coupe à la garçonne qu’elle gardera et qui fera désormais partie de son personnage. Elle brûlera les planches 7 mois avec Carmen, qui est joué à Paris, Londres et Broadway.

Mais c’est vraiment « Mon truc en plumes », créé à Paris en 1961, qui va faire la renommée de Zizi. C’est de là qu’elle tient son image de délurée chic. Le numéro iconique où elle joue à cache-cache avec de grands éventails en plumes sur une musique de Jean Constantin, des paroles de Bernard Dimey et des costumes d’Yves Saint Laurent restera dans les mémoires. Toutefois, elle le dit elle même « c’était un numéro de music-hall extraordinaire, mais c’est un peu l’arbre qui cache la forêt! J’ai aussi chanté Aragon, Guy Béart ou Serge Gainsbourg ».

En effet, ils sont nombreux à vouloir travailler avec elle. Raymond Queneau, Serge Gainsbourg ou Barbara vont se mettre à écrire ou à composer pour celle qu’ils appellent « Mademoiselle Jeanmaire ». Dans les années 50, c’est dans des films, souvent de danse comme Hans Christian Andersen et la danseuse, de Charles Vidor, Folies-Bergère et Charmants garçons, d’Henri Decoin ou encore Guinguette de Jean Delannoy qu’on l’aperçoit. Yves Saint Laurent, qui l’a habillé pendant quarante ans, disait « il lui suffisait d’entrer en scène pour que tout prenne vie, feu et flammes ». De son côté, Louis Aragon jugeait que « sans elle, Paris ne serait pas Paris ». Imprimée dans la mémoire collective, Zizi Jeanmaire s’éteint aujourd’hui à 96 ans, et Paris perd un peu de lui-même.

 

Visuel : © Harry Pot

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