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Le Paris Solo Show de Joan Cornellà, entre humour noir et couleur pop

Le Paris Solo Show de Joan Cornellà, entre humour noir et couleur pop

17 juillet 2020 | PAR Chloé Hubert

Suicide, infanticide, racisme, handicap, déformations et mutilations en tout genre, voici ce qu’il vous attend avec Joan Cornellà. L’artiste barcelonais revient cet été à Paris pour une expo qui fait rire jaune avec un humour noir décapant. Jusqu’au 29 août à la Galerie Arts Factory.

Si son nom ne vous dit rien, vous avez probablement vu passer ses dessins sur les réseaux sociaux. Joan Cornellà s’est en effet d’abord fait connaitre sur la toile où plus de 7 millions de personnes le suivent quotidiennement. Ses personnages aux expressions faciales figées – et gênantes, avouons-le – incorporés dans des décors aux couleurs acidulées sont reconnaissables entre 1000. La première vison procure un sentiment de malaise, c’est normal. Et puis on pouffe un peu, on ose pas rire, c’est trop horrible. Et puis finalement on ri, toujours un peu jaune, à cet humour noir. 

Rentrer dans la Galerie Arts Factory en ce moment, c’est entrer dans le temple du cynisme: nous sommes accueilli par une peinture murale où deux personnages faisant un cœur avec leurs bras fixent l’objectif avec un sourire inexpressif. Tableau un peu angoissant orné d’un sentencieux: « everyone dies alone ». Le ton est donné. 

On découvre alors des dizaines de planches accrochées aux murs, sérigraphie, digigraphie, huile sur toile, ainsi que des peintures directement réalisées sur les murs de la galerie pour l’occasion. On se demande parfois si on ne les a pas toutefois déjà vu, mais c’est parce que la recette de Joan Cornellà est toujours la même, mais c’est pour ça qu’on est là. Ses thèmes de prédilection ? La violence, les inégalités et le narcissisme de notre époque. Ils sont toujours traités avec une juste dose de membres arrachés, d’infanticides, de masques qui s’enlèvent et dévoilent des nouveaux visages qui enlèvent leurs masques à leur tour, le tout se finissant souvent avec un sourire figé « face caméra », de quoi nous laisser avec une bonne dose de malaise. 

Au sous-sol, une vielle télévision Samsung, plus épaisse que large, fait défiler les illustrations de l’artiste comme un dessin animé. Toujours morbide et perturbant sous les sourires crispés des personnages – reviennent des souvenirs traumatiques d’Happy Tree Friends, visionné beaucoup trop jeune – les dessins s’enchaînent et on reste devant, pendant une dizaine de minutes, bizarrement fasciné. 

Pour les portefeuilles fournis, il est possible de se procurer des planches et toiles de l’artiste. Pour les autres, le catalogue de l’exposition ou des t-shirts flanqués de ce visage si caractéristique de Joan Cornellà. Sinon, c’est l’occasion de flâner dans la Arts Factory, galerie qui explore la scène graphique, au carrefour de l’art contemporain, de l’illustration, de la bande dessinée et du graphisme. Vous trouverez des affiches en tout genre, des livres d’illustration, les nouvelles bandes dessinées, et d’autres curiosités (comme des sachets qui comportent des petites choses « prêt à avaler pour s’étouffer »…ne nous demandez pas, on a pas tout compris). Alors si vous passez rue de Charonne, poussez la porte de la galerie, faite le plein d’insolence, l’entrée est libre !

Date : du 1er juillet au 29 août 2020, du lundi au samedi de 12h30 à 19h30, entrée libre 

Lieu : Galerie Arts Factory, 27 rue de charonne, 75011 Paris 

Visuel: Affiche officielle©

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Chloé Hubert

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