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Christophe Girard, l’adjoint à la Culture de la maire de Paris, démissionne brutalement

Christophe Girard, l’adjoint à la Culture de la maire de Paris, démissionne brutalement

24 juillet 2020 | PAR Loïs Rekiba

Hier, en fin de journée, Christophe Girard annonce à la grande surprise de tous sa décision de démissionner du poste d’adjoint à la Culture. Il était récemment la cible d’attaques d’une partie des écologistes.

C’est donc un claquage de porte qui marque l’incipit du second mandat de la maire PS Anne Hidalgo. En effet, Christophe Girard a présenté sa démission ce jeudi lors du Conseil de Paris. Il était depuis plusieurs jours au centre d’un affrontement idéologique entre la maire et ses alliés écologistes.

Lors du Conseil, les alliés écologistes de la maire récemment reconduite se sont opposés à la renomination de M. Girard au sein de l’exécutif d’Anne Hidalgo, pour cause de complaisance, et plus précisément des « relations amicales » qu’il entretient avec l’écrivain Gabriel Matzneff accusé de viols sur mineurs, tel que l’évoquent plusieurs rumeurs relayées par la presse.

?Démission de Christophe Girard : réaction des élu.e.s écologistes de Paris pic.twitter.com/B0pzb7nEjI

Une démission souhaitée par les alliés écologistes de la maire de Paris

L’affaire Girard avait déjà été divulguée lors de la campagne municipale mouvementée. Mais celle-ci, ayant éveillé la crainte craindre de l’entourage de la candidate PS,  a vite fait été mise en arrière plan suite à la publication de la sextape du candidat LREM Benjamin Grivaux.

Contre le souhait des alliés écologistes de ne pas reconduire Christophe Girard, la maire de Pairs avait au contraire décidé de lui redonner les clefs de la délégation de la Culture, le 3 juillet dernier.

Anne Hidalgo, une réaction de soutien face à cette décision jugée diffamatoire mais clivante pour l’entourage politique de la maire

La maire de Paris qualifie l’affaire Girard de « non sujet » dans les colonnes du Parisien. Il s’agit en fait d’un choix réfuté par l’autre partie des alliés écologistes qui souhaitaient encore récemment une suspension de l’exercice du mandat de M.Girard, le temps que ce dernier fasse l’objet d’une enquête interne visant à vérifier s’il n’y avait pas eu complaisance et passes-droits autorisés à l’auteur Gabriel Matnzeff, sous couvert du statut d’adjoint, durant son précédent mandat.  

Cependant, ce même « non sujet » a provoqué des tensions politiques et même la démission, ce jeudi soir, de Christophe Girard.. Anne Hidalgo se dit quant à elle  » écœurée » et déplore la démocratie de l’opinion qui bafouerait le droit à tout va :  » Dans quelle démocratie vivons-nous où le droit est piétiné par la rumeur, les amalgames et les soupçons ? Tout mon soutien à mon ami Christophe Girard « , annonce t-elle sur son compte Twitter.

Hier midi, quelques féministes et élus écologistes se sont rassemblés sur le parvis de l’Hôtel de ville afin d’exiger la démission de Christophe Girard. On y brandissait des pancartes estampillées de messages tels que « mairie de Paris bienvenue à pédoland » ou bien encore « Girard dégage ». Une pression qui a certainement eu un poids important dans la décision prise par l’adjoint d’abdiquer sa fonction importante au sein de l’exécutif d’Anne Hidalgo.

 

En ce sens, le principal intéressé et désormais ex-adjoint à la Culture a d’ailleurs dénoncé un sentiment de diffamation qui s’exercerait à son encontre.  Il dénonce sur son compte Twitter « le climat délétère général…/… où l’on piétine notre Droit et le Code pénal. J’ai 64 ans, une vie de famille épanouie et de nombreux engagements culturels, politiques et associatifs et n’ai nullement envie de pourrir ma vie plus longtemps et de m’emmerder à me justifier en permanence pour quelque chose qui n’existe pas. »

La réaction de l’entourage d’Anne Hidalgo se veut quant à elle plus nuancée : « Le comportement de certains est indigne. Quand on prétend exercer un mandat, on ne peut pas se contenter de faire de l’activisme échevelé. Cette affaire tire tout le monde vers le bas, y compris eux. Il fallait faire un pas de côté pour arrêter la machine infernale des réseaux sociaux. C’était la seule solution. » Il semble que ce premier conflit puisse avoir d’importantes conséquences au sein de la majorité en place à l’Hotel de Ville. Affaire à suivre…
 
©Visuel : Laetitia Larralde, Creative Commons (flickr) 
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Loïs Rekiba

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