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Cannes 2019, jour 7: L’empereur Tarantino, de belles interviews, Bong Joon-ho déchaîné et des ours

Cannes 2019, jour 7: L’empereur Tarantino, de belles interviews, Bong Joon-ho déchaîné et des ours

21 mai 2019 | PAR La Rédaction

Cette septième journée de Festival, un seul nom était sur toutes les lèvres : Quentin Tarantino, qui a fini une version de son Once upon in Hollywood in extremis pour la compétition. Nous avons aussi pu interviewer trois cinéastes en compétition officielle : Jean-Pierre et Luc Dardenne, ainsi que Ira Sachs.

Pour certains, la matinée a commencé avec une petite séance de rattrapage musclée du côté de la Semaine de la critique. Road movie carnassier à travers le désert, Abou Leila de Amin Sidi-Boumédiène est une histoires d’hommes en recherche et en proie à une folie terrifiante en temps de guerre. Du réalisme des années 1990 à une allégorie de la violence sans fin, le film nous promène et nous saisit comme un animal prédateur.

Pour d’autres, c’est le long-métrage d’animation La Fameuse Invasion des ours en Sicile qui a ouvert ce jour. Adapté du livre de Dino Buzzati, et réalisé par l’auteur de bandes dessinées italien Lorenzo Mattotti (déjà auteur d’une partie du film d’animation à sketches Peur(s) du noir), ce film a constitué un pur ravissement : splendeur du trait animé et des couleurs, variété dans le graphisme, doublage italien d’exception (vive la présentation en version originale), avec entre autres l’immense Toni Servillo, acteur fétiche de Paolo Sorrentino, dans le rôle de Léonce, le chef des Ours… Cette aventure aux personnages attachants suit une tribu d’ursidés, opposée au vil souverain des Hommes, en quête du fils du chef et de nourriture. Elle se révèle admirable pour sa réussite graphique, et pour son ton. Avec, parmi ses protagonistes marquants, un magicien excellemment doublé et dessiné. Un film d’animation pour tous, à voir lors de sa prochaine sortie en salles.

A 10 h 45, nous avons eu la chance de vivre le début du Green Day organisé par Gaëlle Constantine sur la terrasse de la suite Sandra & Co. La psychologue et coach Sylvie Corcos nous a initié à un type de yoga très doux, tout en étirements et méditation pour nous aider à nous recentrer en pleine conscience au cœur d’un festival ultra speed. La pratique s’est terminée par un délicieux granola préparé par la Maison Charlotte Busset.

A midi, la Quinzaine projetais Tlamess, film du réalisateur tunisien Ala Eddine Slim. D’une grande exigence formelle et avec une pureté narrative rare, Tlamess (qui signifie « Je te jette un sort » dans le dialecte tunisien) prône une sorte de retour à la nature où les entités oppressives comme l’armée ou le foyer patriarcal sont des lieux à déserter. Le film s’engouffre alors dans un fantastique surprenant, après le très grand réalisme de la première heure.

A 15 h 30, nous interviewions avec les équipes de l’Eicar, le réalisateur Ira Sachs pour son film Frankie.

A 16 heures, c’est la marraine de Visions Sociales que nous rencontrons. Caméra d’or pour Party Girl, de Claire Burger, qui vient de sortir C’est ça l’amour, un film bouleversant sur un père qui se retrouve en charge de ses deux filles après une séparation. Elle nous a parlé de son cinéma et de ses engagements : interview à venir.

A 18 heures, chez Diaphana, nous avons rejoint les équipes de l’Eicar pour une interview des frères Dardenne. Un beau moment où les deux cinéastes nous ont parlé de leurs recherches pour Le jeune Ahmed, et aussi de leur travail de direction d’acteurs.

A 19 h 09, le nouveau Tarantino venait nous donner du fil à retordre. Mais à un autre endroit du Palais, le soleil illuminait la terrasse du Mouton Cadet Wine Bar. Petite veste à paillettes rose et lunettes noires, Barbara Carlotti a mesmérisé toute la terrasse et ses occupants, avec ses titres amoureusement rock, les trois musiciens qui l’accompagnaient et sa voix si puissante et particulière. « Il est encore tôt pour voir les étoiles tomber » dit-elle avant de proposer un lancement groove de son titre. En duo avec Luna Picoli-Truffaut, la chanteuse a proposé un bel hommage au cinéma, avant de se promener sur la terrasse, pour finir ce concert de 45 minutes sous les applaudissements. On a grandement apprécié de l’entendre interpréter des titres comme L’amour, l’argent, le vent ou le très dansant et énergique Quatorze ans. Dotée d’une présence à toute épreuve, elle s’est plu à se promener sur l’ensemble des espaces du Mouton Cadet Wine Bar, cadre idyllique avec vue sur Cannes.

Le point d’orgue de cette journée, à 22 heures, fut la projection en compétition de Parasite, nouveau film de Bong Joon-ho, le réalisateur de Corée du Sud désormais culte. Grandement maîtrisé, son polar à suspense dramatique et délirant s’empare d’un sujet brûlant : le fossé social entre pauvres et très riches dans la société sud-coréenne contemporaine. Un thème déjà traité, d’une façon qu’on n’apprécia pas forcément, dans Burning, présent en compétition à Cannes l’an dernier. Parasite se révèle à la hauteur de son sujet : c’est un film aussi touchant et frappant, porté par un scénario qui met en scène des personnages complexes. Mais on aurait pu espérer que leurs réactions soient encore davantage poussées au bout. Si l’on ne jugera pas ce film tout à fait à la hauteur de Memories of murder, The host ou Mother, il a tout de même été accueilli par une pluie d’applaudissements.

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Visuels : © Toute La Culture – DR

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