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Ashley Judd peut engager des poursuites contre Harvey Weinstein

Ashley Judd peut engager des poursuites contre Harvey Weinstein

30 juillet 2020 | PAR Loïs Rekiba

L’actrice américaine Ashley Judd peut finalement engager une procédure judiciaire pour harcèlement sexuel contre Harvey Weinstein, le producteur condamné par la justice pour abus sexuel.  Les révélations de plusieurs actrices sur le comportement du producteur américain ont été à l’origine du mouvement #MeToo. Ashley Judd peut désormais demander justice pour ce dont elle accuse Weinstein ; avoir saccagé sa carrière d’actrice au seul motif d’avoir refusé ses avances.

La Cour d’appel de Californie vient donc de décider qu’Ashley Judd peut accuser Weinstein au pénal. En première instance, en janvier 2019, un juge fédéral de la ville de Los Angeles avait estimé que le motif d’accusation d’harcèlement sexuel n’était pas valable dans le cas de la comédienne, laquelle avait toutefois été autorisée à engager des poursuites civile. 

Ashley Judd, à l’initiative de la fin de l’omerta du cas Weinstein

Il se trouve que Ashley Judd, actrice américaine de 52 ans, a été l’une des premières femmes à briser l’omerta à propos des agissements de Harvey Weinstein, triplement accusé de harcèlement, d’agression sexuelle ou de viol par plus de 80 femmes, parmi lesquelles des stars comme Gwyneth Paltrow, Salma Hayek, Angelina Jolie ou bien encore Léa Seydoux.

Rappelons que c’est à New-York, ce printemps, que le producteur déchu a été condamné à 23 ans d’emprisonnement pour viol et agression sexuelle. Il est également accusé par trois femmes de crimes similaires commis, cette fois-ci dans le cadre des procédures récemment ouvertes à l’initiative d’Ashley Judd à Los Angeles.

Dans une plainte déposée en avril 2018, Ashley Judd avait affirme que M. Weinstein a anéanti ses chances de faire partie du casting de la trilogie fantastique de Peter Jackson Le Seigneur des anneaux – l’une des trilogies les plus bankable de toute l’histoire du 7è art. Le magnat aurait affirmé au réalisateur ainsi qu’à toute l’équipe du film que s’engager à travailler avec la comédienne n’était que le début d’ « un cauchemar » à venir. Ces affirmations, Peter Jackson les a lui-même rendues publiques dans des interviews.

La plainte affirme qu’ « Avec ces attaques sans fondement, M. Weinstein a réussi à faire inscrire MmeJudd sur une liste noire et a mis fin pour elle à la possibilité de travailler sur ce qui est devenu une série de films générant des milliards de dollars et 17 Oscars ».

L’actrice estime aussi avoir été punie par le producteur pour « avoir rejeté ses avances sexuelles un an plus tôt (en 1997), quand il l’avait coincée dans sa chambre d’hôtel sous le prétexte de parler affaires ».

Une loi symbolique sur les violences sexistes et sexuelles dans un cadre professionnel

Dans un premier temps, le juge de Los Angeles avait considéré que la loi  – qui était en vigueur à l’époque de la première plainte posée par l’actrice –  sur le harcèlement sexuel ne pouvait s’appliquer aux relations entre acteurs et producteurs. La loi a évidemment été modifiée par la suite dans le but de justement y inclure les relations entre producteurs et réalisateurs, sans être pour autant rétroactive.

Quant à la cour d’appel saisie par la comédienne, celle-ci a quant à elle estimé que le rapport de force entre Ashley Judd et Harvey Weinstein restait à la faveur du magnat, lui permettant ainsi «d’exercer des pressions sur Mme Judd grâce à sa position professionnelle et à son influence en tant que grand producteur d’Hollywood». C’est devant le tribunal de Los Angeles que les juges de la cour d’appel ont renvoyé le brûlant dossier.

Dans des propos recueillis par l’Agence France Presse, Phyllis Kupferstein, l’avocate de Harvey Weinstein affirme qu’elle attendait ce procès de pied ferme pour, dit-elle, «faire toute la lumière» sur cette histoire. Elle déclare dans un communiqué que «les détails de l’enquête montreront que M. Weinstein n’a ni diffamé MmeJudd, ni nui à sa carrière, et n’a certainement jamais cherché à se venger d’elle», affirmant ensuite que son client ne possédait «aucune autorité» sur le projet de la trilogie du Seigneur des anneaux.

De l’autre côté, l’avocat d’Ashley Judd, Theodore Boutrous Jr., s’est réjoui de la décision rendue par la cour d’appel californienne. Une décision dont il évoque la portée symbolique, car elle est la preuve selon lui que la loi blâme le harcèlement sexuel même dans un cadre extérieur aux relations professionnelles classiques. 

L’actrice américaine réclame des dommages et intérêts – dont le montant reste pour le moment inconnu – qu’elle s’engage par contre à reverser à des organisations de défense des victimes de harcèlement sexuel au travail.

Le principal intéressé, Harvey Weinstein, a quant à lui nié en bloc tout harcèlement ou rapport sexuel non consenti.

©Donna Lou Morgan/ Wikipedia Commons / Domaine Public 

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Loïs Rekiba

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