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PPDA et le monde du livre : les écrivaines témoignent

PPDA et le monde du livre : les écrivaines témoignent

23 septembre 2022 | PAR Noemie Wuchsa

Libération publie les témoignages de victimes qui visent PPDA, en donnant, dans leurs titres, la parole à toutes ces “elles” qui n’ont jamais obtenu justice : “Elles accusent”, puis récemment “Elles attendent”. Affaire de violences et d’indifférence, les victimes prennent la parole dans le monde du livre.

Dénonciation de non-dits et d’abus dans le milieu éditorial : témoignages d’écrivaines 

Pour rappel de l’affaire, la première plainte rendue publique envers Patrick Poivre d’Arvor date de février 2021, par Florence Porcel. A la suite de son témoignage, une première enquête est ouverte, mais classée sans suite, en juin 2021. Se poursuit alors une série de non-dits, un silence judiciaire troublant, concernant les actes impardonnables du présentateur de 75 ans (viols, agressions, harcèlement à répétition). Jusqu’à aujourd’hui, 27 femmes ont témoigné contre lui, dont huit pour viol, et deux autres lorsqu’elles étaient mineures. 

Au même titre que le monde de la télévision, PPDA avait une grande influence au sein de l’édition. Influence dont il aurait très largement profité. Actives dans le secteur éditorial, les écrivaines racontent leur histoire. Bien que l’affaire reste prescrite, il n’y aura donc pas de poursuite possible; mais ces témoignages sont clés, pour d’une part être utiles à d’autres victimes, et pour d’autre part, cesser d’excuser ou de nier les actes de personnalités, en pointant du doigt PPDA, en traumatisante connaissance de cause.

Comble horrifiant : à partir de 16 témoignages, PPDA avait porté plainte pour “accusations calomnieuses” … Manque de chance, le nombre de témoignages sur abus sexuels étaient déjà nombreux, ont encore et malheureusement augmenté, et cette série de viols et d’agressions prenaient, à travers chaque discours, des formes relativement similaires et répétitives. Les témoignages décrivent le même schéma : les jeunes femmes sont invitées, puis emmenées dans une autre pièce ou dans un endroit anonyme, pour être le plus souvent victimes de paroles, d’invitations sexuelles très explicites, voire de viols directement. Pour preuve, l’écrivaine Amandine Cornette de Saint Cyr, autrice de “Bonne à rien” sorti en 2007, a été, en lisant les autres témoignages,  sidérée par la similitude avec ce qu’elle a vécu”.

L’impunité : un acte complice, porteur de violences, effaçant les victimes

Les autres témoins de ces multiples scènes n’auraient jamais réagi, voire pire. Déjà en 2003, l’écrivaine Bénédicte Martin a le courage d’informer son éditeur – Frédéric Beigbeder – des abus du présentateur phare, qui a “explosé de rire”. Ajouté à cela, l’écrivain Michel Houellebecq aurait entendu la conversation, pour rétorquer ensuite “rien ne change”, selon Libération.  A ce jour, 30 femmes ont livré leurs témoignages sur les actes impardonnables de PPDA. Selon Hélène Devynck, “il ne se passe toujours rien” … 

Image de couverture : PPDA © Wikimedia Commons

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Noemie Wuchsa

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