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Après l’abdication Ariane Mnouchkine se « ressaisit » et donne finalement sa chance à « Kanata »

Après l’abdication Ariane Mnouchkine se « ressaisit » et donne finalement sa chance à « Kanata »

06 septembre 2018 | PAR Lisa Bourzeix

Nouvel épisode dans l’affaire Kanata d’Ariane Mnouchkine et Robert Lepage. En effet après des semaines de silence, une annulation annoncée, l’heure est désormais au  » ressaisissement  » comme le déclare Ariane Mnouchkine dans un communiqué daté du 5 septembre 2018. 

En effet après de nombreuses réflexions la pièce sera finalement jouée au Théâtre du Soleil comme cela était prévu. Le dernier communiqué sur l’affaire Kanata datait du 27 juillet dernier et réagissait à la violente polémique dont Robert Lepage et la compagnie du Théâtre du Soleil avaient été victimes. Le reproche qui leur était fait était d’aborder un sujet concernant une culture qui n’est pas la leur tout en ne faisant pas jouer des membres de ces sociétés autochtones dans la pièce. Ils avaient alors été targués de faire de l’appropriation culturelle et avait d’ailleurs fait l’objet d’une pétition qui avait pour but de faire avorter le projet.

Après avoir pris le temps de réfléchir à la situation, le Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine décide de s’allier à la cause de Robert Lepage et de ne pas céder à la pression des réseaux sociaux en maintenant les représentations du spectacle. Cette volonté est exprimée dans un communiqué intitulé  » Le ressaisissement  » qui exprime de manière très claire les raisons pour lesquelles la pièce est, à leurs yeux, tout aussi légitime qu’une autre.

Ariane Mnouchkine s’affirme dans un premier temps de manière très ferme assenant chaque nouvelle loi française comme un coup de plus à ses détracteurs :  » […] le spectacle en cours de répétition, ne violait ni la loi du 29 juillet 1881 ni celle du 13 juillet 1990 ni les articles du Code pénal qui en découlent, en cela qu’il n’appelle ni à la haine, ni au sexisme, ni au racisme ni à l’antisémitisme ; qu’il ne fait l’apologie d’aucun crime de guerre ni ne conteste aucun crime contre l’humanité ; qu’il ne contient aucune expression outrageante, ni terme de mépris ni invective envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, ou une religion déterminée. « . Elle continue d’ailleurs en affirmant que les seules lois auxquelles ils se plieront ne seront pas celles de celui qu’elle nomme  » un jury multitudineux et autoproclamé  » mais bien les  » seules lois de la République votées par les représentants élus du peuple français « .

Il est important de noter qu’elle précise que la pièce sera présentée  » sous le titre Kanata -Épisode I — La Controverse  » qui n’est pas le titre qui était initialement prévu. Cette déclaration témoigne du fait qu’elle a pris en compte les nombreux débats ayant eu lieu à propos de la pièce et qu’ils feront désormais partie intégrante de celle-ci. Elle souligne malgré tout le fait que de la même manière qu’ils n’ont pas souhaité se censurer la critique sera à son tour libre et acceptée quel que soit le verdict final des spectateurs :    » Une fois le spectacle visible et jugeable, libre alors à ses détracteurs de le critiquer âprement et d’appeler à la sanction suprême, c’est-à-dire à la désertification de la salle « .

La saga Kanata ne semble pas sur le point d’être close et les rebondissements risquent d’être encore nombreux aux vues des attentes qui entourent Robert Lepage depuis SLAV. Rendez-vous lors des premières représentations au Théâtre du Soleil en décembre 2018…

Visuel : Attribution-ShareAlike 2.0 Generic (CC BY-SA 2.0)

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Lisa Bourzeix

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