Cirque
« Céleste » de Geneviève de Kermabon au Théâtre du Soleil, une émouvante épopée circassienne.

« Céleste » de Geneviève de Kermabon au Théâtre du Soleil, une émouvante épopée circassienne.

22 novembre 2021 | PAR Blaise Campion

Le nouveau spectacle de Geneviève de Kermabon, Céleste, se joue jusqu’au 19 décembre au Théâtre du Soleil. Celui-ci nous plonge dans l’univers du cirque à travers la vie de Céleste, une enfant de la balle, de ses débuts sur scène jusqu’à sa mort en apothéose après une carrière à succès. Au milieu des acrobaties, des marionnettes et des chansons, une large place est faite à l’émotion pour le plus grand bonheur des spectateurs, petits et grands.

Une enfant de la balle

Céleste est née dans la grande famille du cirque et se souvient de ses premiers pas sur scène, en costume, dans l’agitation des grands soirs de spectacle. Mais la vie au cirque n’est pas toujours une fête. Après la mort de son père, c’est son oncle Chauko, un dresseur violent et autoritaire, qui lui apprend le métier. Il l’a lui-même appris de son père à coups de cordes mouillées. Le personnage, magistralement interprété par le britannique Joe Sheridan, symbolise cet univers marginal et brutal qu’est aussi le cirque, théâtre d’accidents parfois mortels pour les artistes. « Travailler c’est de l’or » répète-t-il ainsi à sa nièce, sur qui plane la menace de finir à l’usine comme tant d’autres avant elle.

Mais le merveilleux l’emporte volontiers sur la violence dans le spectacle, et Céleste peut aussi compter sur un autre de ses oncles, Marcellis, qui prend toujours sa défense et lui porte l’affection dont elle a besoin. Les animaux aussi, portés à la scène par une série d’artifices plus ingénieux les uns que les autres, sont bien souvent des compagnons fidèles pour la jeune fille. Avec pour modèle Lilly Yokoi, elle rêve ainsi à de grands succès qui ne tardent pas à arriver.

Spectaculaire et émouvant

La force et l’énergie du spectacle résident dans ses scénographies drôles et rythmées qui stimulent l’imaginaire du spectateur. De nombreuses marionnettes, animées avec adresse par les acteurs de la pièce, donnent ainsi vie à toute une galerie de personnages fantastiques. Les costumes sont d’une grande richesse, tout comme les chorégraphies. Comme au cirque, les numéros s’enchaînent, allant de l’émouvant au spectaculaire, avec notamment les acrobaties équilibristes du jeune Simon Martin. La musique tient aussi une place centrale, de l’Ave Maria de Schubert qui sublime la scène d’exposition, aux nombreuses interprétations lyriques de Patrick Vilet qui accompagnent tout le spectacle.

Pour l’émotion enfin, c’est Geneviève de Kermabon qui assure, en interprète principale du rôle de Céleste. Après la jeunesse et les succès s’installe inexorablement la vieillesse. Les bons souvenirs côtoient les regrets (comme ce rôle que le grand Fellini aurait pu lui offrir), mais le personnage reste animé par une envie irrépressible de monter sur scène malgré son âge avancé. « Elle est folle la vieille ! » commence-t-on à dire sur son passage. Sans écouter les mauvaises langues, Céleste continuera de faire ce qu’elle aime, ce qui la fait sentir vivante, jusqu’au dernier jour. Elle finira sa vie sous un chapiteau, et partira avec son panache comme Cyrano.

 

Informations pratiques :

Céleste de Geneviève de Kermabon se joue jusqu’au 19 décembre au Théâtre du Soleil. Informations et réservations ici.

Visuels : © Christophe Raynaud de Lage

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