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À Beyrouth, des musées et lieux culturels fortement endommagés

À Beyrouth, des musées et lieux culturels fortement endommagés

18 août 2020 | PAR Alice Martinot-Lagarde

Le 4 août dernier, alors qu’une violente explosion détruit une partie de Beyrouth et fait des milliers de victimes, c’est aussi toute la scène culturelle libanaise qui est touchée. Tour d’horizon des musées et galeries d’art endommagés. 

Cela fait maintenant deux semaines jour pour jour qu’une terrible explosion a dévasté la ville de Beyrouth. Outre la zone du port entièrement détruite, un bilan de victimes qui s’alourdi et des milliers de libanais sans logements, plusieurs lieux culturels de la capitale constatent de nombreux dégâts notamment parmi les oeuvres exposées. 

Le musée Nicolas Ibrahim Sursock : un bijou détruit

Le musée Sursock, joyaux de Beyrouth et seul musée d’art moderne de la ville, est loin d’avoir été épargné. Ouvert en 1961, celui ci passe au travers de quinze ans de guerre, mais le 4 août, l’explosion est sans précédent. Le bâtiment et sa magnifique façade d’inspiration vénitienne et ottomane ont entièrement été soufflés par la double explosion, il ne reste ni vitraux ni fenêtres, et ce sont plus d’une vingtaine d’oeuvres qui sont sérieusement endommagées. Interviewée sur France Inter, la directrice Zeina Arida fait part de son désarrois : « Le souffle est entré et ressorti de partout » explique-t-elle. « La première nuit était une nuit terrible parce que le bâtiment était complètement ouvert de tous les côtés et les oeuvres étaient encore dedans ».

Dès le lendemain, les équipes du musées s’affairent au milieu des décombres à déplacer et sécuriser la collection. Des bénévoles viennent aussi les aider, émus. Parmi les oeuvres touchées, un portrait de Nicolas Ibrahim Sursock, fondateur du musée d’art moderne, réalisé par le peintre hollandais Kees Van Dongen en 1930. Les restaurations prendront surement beaucoup de temps et d’argent. La restauratrice, qui examine actuellement chaque oeuvre, estime la somme nécessaire à plusieurs millions de dollars. Après une rénovation et extension du bâtiment terminée en 2015 qui avait déjà coûté 13 millions et dans un climat de crise économique et politique, on peut imaginer les difficultés qui s’annoncent.

Des galeries et lieux d’exposition entièrement détruits

Désireux d’insuffler une nouvelle ambiance multiculturelle et moderne, de nombreux galeristes s’étaient installés aux alentours du port ces dernières années. Proches du coeur de l’explosion, les galeries Marfa’ et Artlab sont entièrement détruites. Les dégâts sont aussi terrible à la galerie Tanit. Cette dernière tenait, seulement quelques jours avant le drame, le vernissage d’une exposition consacrée à l’artiste libanais Abed Al Kadiri. Les images qu’il publie sur sa page Facebook sont édifiantes, heureusement, la majorité de ses oeuvres sont intactes. 

Fondatrice et directrice de la Beirut Art Fair, Laure D’Hauteville témoigne dans The Art Newspaper de son inquiétude quant à la reprise de la vie culturelle à Beyrouth. « Il faudra beaucoup de temps pour reconstruire l’idée d’une foire d’art dans l’esprit des gens après cela » craint-elle. Déjà décalée à 2021 en raison de l’épidémie de Covid-19, la foire d’art contemporain qu’elle organise a lieu chaque année au Seaside Arena, près du port, où tout a été détruit. Alors que le pays est frappé de plein fouet par la crise, la scène culturelle libanaise semble bien mal en point, loin de voir ses activités reprendre de sitôt. 

Un soutien gouvernemental parait, à l’heure qu’il est utopique. Se joignant à l’appel de l’Unesco, le Centre Pompidou et le musée du Louvre ont d’ores et déjà annoncé leur aide pour tenter de sauver le patrimoine culturel libanais. Les galeries d’art et artistes beyrouthins partagent aussi des moyens de faire des dons sur leurs sites et les réseaux sociaux, soutenant l’idée d’agir au plus vite pour permettre la conservation de nombreux chef-d’oeuvres endommagés. 

Visuel : Sursock Museum © Pjposullivan1

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Alice Martinot-Lagarde

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