Roméo Castellucci affronte la vacuité humaine dans « Sur le concept du visage du fils de Dieu »

21 juillet 2011 Par
Amelie Blaustein Niddam
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Une paire d’yeux et un regard portant l’humanité. C’est face au Salvator Mundi d’Antonello de Messine, un Jésus, que se déroule l’histoire, celle d’un fils, jeune cadre dynamique et d’un père, vieillard souffrant d’incontinence fécale. Dans une scénographie sublime, Castellucci ose nous confronter à la vieillesse tragique. Un spectacle magistral sur la condition humaine où vous serez maître de votre destin.
Roméo Castellucci continue d’explorer les symboles du christianisme, après Inferno qui avait vu dans la cour d’Honneur un homme escalader le mur de tout en bas au plus haut, c’est au visage le plus célèbre de nos civilisations occidentales qu’il nous confronte. Cette image est tellement connue qu’elle est devenue silencieuse. Ici, en nous forçant à affronter le regard de Jésus, il replace le spectateur dans une question eschatologique.
Sont-ils jugés ou soutenus? C’est au public de choisir. Ce père et ce fils à l’amour et au respect profond sont ramenés à terre, humiliés, désignés en tant que mortels. Mourir n’est pas tellement la question, ici, c’est la basse décrépitude qui nous est livrée sans aucune retenue.
Le spectacle est en italien, les paroles sont rares, non traduites, cela serait bien inutile, le sens n’est pas la question. Seule l’image compte. On comprend que le père puis le fils se demandent pardon sans cesse, et qu’à chaque fois, l’autre accepte. L’image est ici confortée par une effluve aux relents infects, géniale idée pour nous pousser au dégoût de notre propre déchéance.
Rencontré quelques heures après la première, Castellucci nous raconte que Gianni Plazzi, le vieux comédien a pleuré deux heures pleines après le spectacle, débordé par un jeu le confrontant trop à un futur peut être proche. A la sortie du spectacle, des spectateurs se sont battus, devant le metteur en scène, l’un avait aimé , l’autre pas. Un comédien qui pleure, des spectateurs qui saignent, du sang et des larmes : Ecce homo.

Roméo Castellucci affronte la vacuité humaine dans « Sur le concept du visage du fils de Dieu »

Informations Pratiques


A partir du 20 juillet jusqu'au 26 juillet

Lieu: Opéra-Théâtre, place de l'Horloge, Avignon

Horaire:
19h-Durée 1H.

Contact: 0490141414

Liens: Toute La programmation du Festival d'Avignon

Le spectacle est complet, mais il est possible de trouver des billets sur le panneau du cloître saint louis. Il sera repris au Théâtre de la Ville du 20 au 30 octobre, puis au 104 du 2 au 4 novembre.