[LIVE REPORT] Feu ! Chatterton au Trianon

5 avril 2016 Par Elie Petit | 0 commentaires

Feu ! Chatterton a électrisé son dernier Trianon. Porté par un public agité d’amour, il a soulevé la salle à coups de bons mots et de riffs, d’une énergie implacable. Récit.

En première partie, Jo et Jean, annoncés, sont semble-t-t-il remplacés par trois garçons qui, disent-ils, s’appellent VOLIN. Une ambiance Coldplay des premières heures, en français, comme un Christophe re-né. Ils sont de cette nouvelle génération de chanteur français qui allongent les voyelles. La salle est séduite. Une bonne découverte.

Le Trianon est plein. En montant les étages, on monte les ages et constate combien Feu ! Chatterton parvient à toucher non pas une classe d’age mais une génération de temps. Arthur et les autres arrivent sur scène. Lui, porte un costard trois-pièces refermé, cravate. Les deux guitaristes portent des chemises aux motifs exotiques. La lumière est forte sur lui. Il exulte des applaudissements, paraît surpris, puis invite Ophélie à se joindre. Sur le titre d’ouverture de l’album, il tape sur sa poitrine et sourit comme un écrivain qui tient une bonne phrase, une bonne rime, une image forte.

Il semble parfois pris de convulsions. Il s’agite, bat des ailes sur les riffs et arpèges déployés, heureux du spectacle qu’il offre à un public qui l’adore, fou dingue. Feu ! Chatterton raconte des histoires que le groupe remet en ordre et qu’Arthur introduit dans une langue lyrique pour conduire au voyage. L’ « incandescent cadavre, pour vous servir », comme il dit offre un set à 200 à l’heure, pour finir ce cycle de dates au Trianon. Sur Fou à lier, il écoute ses mots, savoure son eau, avant Concorde.

Les passages instrumentaux semblent servir exactement l’humeur du texte et du chanteur, en retrait, d’une allure fauteuil-whisky d’un autre siècle. Il attend son retour, tout sourire, dégustant comme on mange des macarons en plusieurs bouchées. Parfois, « nous sommes sur la mer, » « dans la forêt » puis « dans les airs ». Le voyage se poursuit intensément. Le public sautille pour La mort dans la pinède et son passage rappé transcendant. Sur scène, on assiste à un vrai one man show gestuel, à la dictée d’une prose emplie de relations et d’histoires déchues.

Des Camélias à la Porte Z on suit le groupe dans ses trouvailles littéraires, qui amusent et sont le coeur de la magie de Feu ! Chatterton. Le ton, les mots détachés, le public, fan absolu, hurle ses préférées. Tout est en place. Pour préparer la chute. Celle du fameux Boeing, la drum machine puis le beat electro. Les spectateurs sont maintenant dans l’avion qui échappe magistralement à sa trajectoire. Une vraie experience musicale, littéraire, collective. Complètement fou, encore.

Sortie de scène. Reviendra la Malinche adoré des Parisiens, allongée, électrisée. Et un dernier rappel sur un Je t’ai toujours aimé. Feu ! Chatterton n’est pas un amour passager, c’est l’amour du verbe français, remis au goût du jour avec une longue et folle énergie scénique, un spectacle rare et puissant.


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