Le Pont, de David Sandes

3 avril 2011 Par
Yaël Hirsch
| 1 commentaire

Le pianiste de jazz et écrivain néerlandais habitant à Paris, David Sandes, publie son deuxième roman chez Actes Sud. « Le Pont » retrace avec ironie et couleurs la quête de Romain, un jeune français parti en Serbie juste après la guerre pour retrouver son père biologique. En librairies le 6 avril2011.

Romain a été élevé par deux parents adoptifs. A la mort de celui qui l’a élevé, il décide de retrouver la trace de son père biologique. Il commence par rencontrer sa mère, une vieille et fragile bretonne qui l’a abandonné et n’en a pas de regrets. Il lui soutire quelques informations sur son vrai père, tzigane d’origine serbe, venu vivre en Allemagne dans les années 1960 où il a rencontré sa mère. Ouvrier le jour, le père de Romain jouait de la musique la nuit. Romain décide alors de partir en ex-Yougoslavie en 2003, juste au lendemain de l’assassinat du Premier ministre Zoran Djindjic, pour retracer le parcours de son père, en suivant sa trace des grands hôtels désormais délabrés où ce dernier aurait pu jouer avant la guerre.

Avec beaucoup de recul et à travers une galerie de personnages mystérieux, David Sandes donne à la quête des origines de son personnage des airs de fable expressionniste. Les fantômes du passé planent au-dessus d’un personnage principal fort sympathique, car toujours prêt à s’adapter au contexte et à la langue, et donc toujours apte à se laisser calmement surprendre avec le lecteur. Sandes décrit Belgrade de la plus belle manière : comme une ville d’Europe Centrale détruite et dans les belles entrailles de laquelle de nombreux nostalgiques s’agitent encore, faisant revivre la superbe de leur cité par leurs contes, leurs légendes, et surtout leurs souvenirs. Mêlant enquête et correspondance, passé et présent, « Le Pont » est une fresque colorée, sans clichés, et extrêmement vivante.

David Sandes, « Le Pont« , trad. Arlette Ounanian, Actes Sud, 174 p. 18.80 euros. Sortie le 6 avril 2011.