« Deux remords de Claude Monet » : l’écriture impressionniste de Michel Bernard

22 décembre 2017 Par
Géraldine Bretault
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À l’occasion de la parution de son nouveau roman « Le Bon Coeur », dont nous reparlerons prochainement, les éditions de la Table Ronde rééditent en poche le précédent opus de Michel Bernard, « Deux remords de Claude Monet ». Un ouvrage qui lui a valu en 2017 le prix Libraires en Seine et le prix Marguerite Puhl-Demange.

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Le roman s’ouvre sur une épreuve : celle du père du jeune peintre Frédéric Bazille, mort au combat lors de la guerre de 1870 contre la Prusse, arrivant sur les lieux afin de faire déterrer son corps et le rapatrier dans sa ville natale de Montpellier. Remords d’une vie disparue trop tôt, sentiment de gâchis devant une vocation naissante.

L’autre remords dont il sera question, les aficionados de la peinture impressionniste le connaissent, c’est la mort précoce de la première épouse de Claude Monet, Camille, peu après la naissance de leur second enfant.

Toutefois, c’est bien un roman qu’a composé Michel Bernard, ou plutôt une tentative de reconstitution de « sensations » délicates, pour parler comme la génération impressionniste, à partir d’événements factuels bien connus de la vie de Monet, et ce jusqu’à sa mort.

L’ouvrage séduit surtout par le ton que l’auteur sait trouver, loin des scandales qui émaillaient la vie parisienne à la découverte des toiles envoyées au Salon. Il cherche plutôt patiemment une écriture impressionniste, apte à rendre cette douceur de vivre que ces protagonistes entrés dans l’histoire de l’art exprimaient par leurs touches légères.

On referme l’ouvrage en ayant l’impression d’avoir pénétré autrement les très célèbres toiles impressionnistes – non par les taches de peinture représentant les rayons de soleil sur les vêtements aux couleurs vives, mais par la profondeur des liens qui unissaient les artistes de ce groupe.

« Monet s’appliquait à lui dissimuler sa propre angoisse, cette répulsion instinctive du vif devant l’odeur de la mort, mais n’était pas sûr d’y parvenir, craignait à chaque instant de se trahir. Il avait fini, sans s’en rendre compte, par éviter Camille. » p. 160

 

« Deux remords de Claude Monet », Michel Bernard, éditions La Table Ronde, 2016, 235 p., 8,70 €