« Le grand méchant renard et autres contes », un film d’animation à l’humour dévastateur !

20 juin 2017 Par
Magali Sautreuil
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Après « Ernest et Célestine », César du meilleur film d’animation en 2013, Benjamin Renner revient avec un nouveau long-métrage : « Le grand méchant renard et autres contes ». Véritable condensé de bonne humeur, ce cartoon a déjà conquis le public de la dernière édition du festival d’animation d’Annecy et devrait également séduire les cinéphiles à partir du 21 juin 2017 !

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Film dynamique à l’humour dévastateur, décalé et déjanté, ce long-métrage s’inscrit dans la droite lignée des cartoons sauce « Tex Avery ». Ambiance loufoque et gags absurdes sont au rendez-vous et provoqueront à coup sûr l’hilarité des petits et des grands.

L’animation participe également à l’atmosphère générale du film. Loin des dessins animés « à la 3D léchée et hyperréaliste », « Le grand méchant renard et autres contes » nous propose un film d’animation 2D réalisé de manière artisanale, ce qui, selon le producteur Didier Brunner, confère aux personnages « quelque chose de profondément chaleureux et humain ».

Les dessins faits main par Benjamin Renner et aquarellés sont d’une redoutable expressivité : quelques coups de crayons suffisent à donner à chaque protagoniste un caractère bien tranché.

Pour son nouveau long-métrage, Benjamin Renner a choisi de privilégier le rythme, l’humour, l’expressivité et la spontanéité de ses personnages.

Mais « Le grand méchant renard et autres contes » n’est pas seulement un film drôle, c’est aussi un dessin animé touchant, un savant mélange de suspense, de tendresse et d’humour absurde.

Ce long-métrage se compose de trois histoires de 26 minutes, mises en scène comme un spectacle de théâtre et interprétées par la compagnie théâtrale de la ferme du Val fleuri. Scène en bois, rideaux rouges comme dans le générique de « Molièrissimo », entracte entre chaque saynète, salut final, on a vraiment l’impression d’être au théâtre ! Renard, en tant que maître de cérémonie, tente tant bien que mal d’assurer le bon déroulement du spectacle. Quand les trois coups résonnent, c’est la panique ! Personne n’est prêt !

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Comme dans « Les fables » de La Fontaine ou « Les contes du chat perché » de Marcel Aymé, ce sont les animaux qui mènent la danse. Ces derniers nous présentent trois contes aux thèmes universels, jamais moralisateurs, mais qui donnent matière à réfléchir.

Le premier s’intitule « Un bébé à livrer ». Il s’agit de l’adaptation de la bande dessinée éponyme de Benjamin Renner, parue aux éditions « Vraoum ! », en 2011. Une cigogne visiblement éméchée et tire-au-flanc désespère de trouver un pigeon à qui refourguer sa livraison pour se la couler douce. En guise de pigeon, elle trouve un lapin crétin totalement inconscient, un canard tout aussi abruti et un cochon « poule mouillée » qui manque totalement de confiance en lui, mais qui est aussi le plus responsable de la bande. Bon gré, mal gré, les trois compères devront mener la petite Pauline à Avignon, chez ses parents. Le souci, c’est qu’ils n’ont aucune idée de l’endroit où se trouve la cité des papes, ni de comment s’y rendre. Tous les moyens sont donc bons pour rejoindre leur destination, y compris les plus insensés ! Comme dans la vraie vie, nos trois amis vont devoir s’adapter à cette situation inattendue et trouver un juste milieu entre l’action et la parole, s’ils en sont capables…

Dans la seconde histoire, il est aussi question d’adaptation. « Le grand méchant renard » est à l’origine une bande dessinée parue aux éditions Delcourt en 2015. L’idée de ce conte remonte à la première visite de l’auteur dans une couveuse. Alors âgé de 6 ans, il aurait tant voulu assister à la naissance des petits poussins, mais son père l’avait effrayé en lui disant que s’ils le voyaient en premier, ils le prendraient pour leur maman. Devenir parent avant même l’âge de raison était inconcevable pour l’enfant qu’il était. Et puis, comment aurait-il dû les élever ? Comme des humains ou comme des poussins ? Toujours est-il que l’idée a continué de germer dans l’esprit de Benjamin pour donner naissance au « Grand méchant renard ». Enfin, méchant, pas tant que ça. Le renard en question a des airs de Coyote, dans « Bip-Bip et le Coyote » : il est chétif, malingre, peureux, complexé, poisseux. Il a l’instinct de prédation d’un bigorneau. Il est la honte de sa race. Personne ne le craint : à la ferme, le chien, un flemmard de première qui ne pense qu’à sa gueule, et les poules ne le calculent même pas. Même le cochon et le lapin ont pitié de lui et lui donnent un panier de légumes pour qu’il ne meure pas de faim. Un renard vegan, réduit à manger des navets et des betteraves, n’a-t-on jamais vu ça ? Coaché par un loup lui-aussi affamé, renard parvient néanmoins à chaparder quelques œufs. Mais, même ce plan des plus basiques, il parvient à le foirer : véritable cœur d’artichaut, il va en effet s’attacher à ses petits poussins. « Maman renard » est donc dans la merde jusqu’au cou, coincée entre un loup pince-sans-rire affamé qui rôde dans les bois, son instinct « maternel » et la mère biologique des petits, caractérielle et vindicative, qui a décidé de lui faire la peau… Comment renard va-t-il se tirer de ce mauvais pas ? Ses petits poussins le renieront-ils au profit de leur vraie maman ? Parviendra-t-il à trouver sa place dans ce guêpier ? Jusqu’où sera-t-il prêt à aller pour ses enfants ?

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D’ailleurs, qu’est-ce qu’on ne fera pas pour ces derniers ? L’enfance est aussi au coeur du troisième et dernier conte : « Il faut sauver Noël ». Le lapin et le canard ont décidé d’entrer dans l’âge de raison et de ne plus faire de bêtises. Mais ce n’est pas gagner…

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Le destin semble s’acharner contre eux : ils tuent sans faire exprès le père Noël ! Prenant leurs responsabilités et avec l’aide de notre cher cochon et d’un gang de chiens errants, ils vont se mettre en quatre pour sauver le Noël de milliers d’enfants, avec plus ou moins de succès… Mais vue leur niveau d’incompétence vertigineux, seule la magie de Noël pourrait leur éviter le pire…

Tendres et amusants, ces trois contes ont été imaginés avec les meilleures intentions du monde, intentions qui ont à chaque fois engendrées les pires catastrophes, mais qui se sont toujours bien terminées…

Informations techniques :

Titre : « Le grand méchant renard et autres contes »

Genre : Film d’animation humoristique familial

D’après l’œuvre originale de : Benjamin Renner

Scénario et dialogues : Benjamin Renner et Jean Regnaud

Réalisation : Benjamin Renner et Patrick Imbert

Musique : Robert Marcel Lepage

Production : Vincent Tavier, Damien et Didier Brunner

Co-production : Folivari, Panique !, Studio Canal, RTBF et BE TV

Durée : 1h20

Sortie française au cinéma : le 21 juin 2017

Distribution française et visuels : Studio Canal