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[Chronique] « Souchon dans l’air » : 12 titres indispensables par un casting de rêve

[Chronique] « Souchon dans l’air » : 12 titres indispensables par un casting de rêve

20 juin 2017 | PAR Yaël Hirsch

Un album d’hommage et de reprises vient de sortir en l’honneur du très grand Alain Souchon. Au menu de ce repas musical et poétique délicieux : que des grands noms de plusieurs générations de Jean-Louis-Aubert à Juliette Armanet. Un album réussi et très agréable à écouter mais qui n’ose peut-être pas assez forcer l’originalité de la reprise.

[rating=3]

Bien choisis les 12 titres condensent parfaitement l’art swing, d’écriture et de nostalgie qui fait Alain Souchon. On les connaît toutes par cœur et on est ravi de les réentendre et les redécouvrir dans la version revue et personnalisée d’autres chanteurs français qui comptent. Il y a beaucoup d’amour pour Souchon dans cet album qui est un hommage autant qu’une création et qui permet de retrouver aussi tous les accents d’une époque comme dans le Jimmy « repris » par Izia ou la voix de Mathieu Bogaerts qui se glisse avec naturel dans « Quand je serai KO ». On redécouvre même des voix de temps passé dans ce Best-Off Souchon avec Jean-Louis Aubert qui nous fait redécouvrir le texte merveilleux de « Et si en plus il y a personne ». Ou paradoxalement la très branchée Juliette Armanet qui a vraiment la voix la plus perçante eighities de la scène française et nous plonge dans une mélancolie vintage avec sa reprise de « Ultra modern solitude ». La douceur des Brigitte et Jeanne Cherhal touche dans « Allo Maman Bobo » et « Rame ».

Petit bémol : la couleur « unie » de l’album qui suit un peu le côté forain de « Ouvert la nuit », version Edouard Bear. Evidemment les deux écueils principaux ne sont pas évités : d’une part, joliment, Benjamin Biolay et Oxmo Puccino font du Benjamin BIolay et du Oxmo Puccino, et d’autre part, parfois le projet est trop respectueux des arrangements originaux et n’ose pas reprendre et s’emparer du répertoire si riche de l’artiste. Tété ou Vanessa Paradis sont très agréables à écouter, mais ils restent trop prêts de leur texte. Et M est touchant dans « Sous les jupes des filles » mais on aimerait qu’il ose plus que quelques rifs pour s’approprier la mythique comptine de Souchon. Et puis, il y a ces petits miracles qui arrivent qu’on attend sans oser les espérer sur un disque de reprise en hommage à un monstre sacré comme Souchon : ce que Chilly Gonzales fait de « Foule Sentimentale », une petite boucle burlesque de film de cirque, est juste merveilleux de joie et de précision.

Que vous adiriez Souchon, que vous souhaitiez le découvrir ou juste si vous aimez la chanson, allez écouter cet album qui fait si bien ressortir les mots justes et les textes incroyable de ce grand poète.

« Souchon dans l’air », Polydor, sortie le 16 juin 2017.

visuel : couverture de l’labum

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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