[Critique] « The Revenant » : Iñárritu et DiCaprio atteignent des sommets dans un chef-d’œuvre glacial

1 mars 2016 Par Hugo Saadi | 0 commentaires

The Revenant, le nouveau film d’Alejandro González Iñárritu, est sur toute les lèvres depuis déjà quelques semaines. Si le film est réussi au plus haut point, il fait beaucoup parler de lui à cause d’un homme, Leonardo DiCaprio, et d’un prix, l’Oscar du meilleur acteur qui lui tend enfin les bras. Et cela ne serait que juste récompense pour l’américain qui livre une performance à couper le souffle.

Note de la rédaction :

The Revenant est une longue épopée : changements de réalisateurs, d’acteurs, mais aussi de budget (135 millions de dollars, soit très largement supérieur à l’initial) notamment dû à un tournage de plus de 9 mois alors que l’équipe tablait sur 80 jours. The Revenant, c’est une fresque humaine qui nous plonge dans une Amérique profonde où les trappeurs américains s’opposent en permanence aux tribus indiennes, tandis que la nature règne avec fracas sur les hommes. Sauf sur un, bien motivé à la défier. Cet homme c’est Hugh Glass (Leonardo DiCaprio), un trappeur anciennement lié aux indiens, qui se retrouve laissé pour mort après avoir été salement amoché par un ours. Mais assoiffé de vengeance et d’amour pour son fils, il débute une longue traque dans un environnement hostile contre John Fitzgerald (Tom Hardy), l’homme qui l’a trahi.

The Revenant est un long (2h36) mélange de survival et de revenge movie. Quelques piqures de violence viennent accélérer un métrage qui prend son temps et laisse aux spectateurs le soin de s’imprégner du personnage de Hugh Glass. Iñárritu ouvre son film sur une scène d’une maîtrise incroyable. Favorisant les longs plans, il nous immerge dès les premières secondes aux côtés des trappeurs, attaqués de tous les côtés par les indiens. Les fusils répondent aux flèches, l’opposition est violente et sanglante. Le réalisateur mexicain fait virevolter sa caméra dans cette boucherie qui nous prend aux tripes. Alternant les scènes de communion avec la nature et les duels acharnés, Iñárritu dose savamment son film. Même si une certaine baisse de régime est à signaler en milieu de métrage, le final n’en est que plus intense.

Difficile d’isoler quelques scènes de The Revenant tant le film forme un tout, malgré des axes de constructions bien divers. De la survie en pleine nature aux duels enneigés à l’allure de western en passant par le combat entre un ours et DiCaprio (rarement une scène de confrontation avec un animal n’a été si intense et si violente), le film enchaine les prouesses techniques et les performances éclatantes. Emmanuel Lubezki (collaborateur régulier de Terrence Malick) a souhaité tourner l’ensemble en lumière naturelle dans de sublimes paysages permettant alors une photographie qui frôle la perfection. S’il fallait effectuer une possible comparaison, The Revenant serait un mix entre Le Nouveau Monde et Le Territoire des Loups. Une chose est sure, il marquera le 7ème art.

Concernant les acteurs, nul besoin de s’étaler sur DiCaprio qui a vécu le tournage le plus éprouvant de sa carrière. Il ne joue pas le rôle de Hugh Glass, il est littéralement ce trappeur prêt à tout pour se venger. Tom Hardy continue de nous surprendre avec son rôle de loup solitaire, Domhnall Gleeson et Will Poulter sortent également du lot.

The Revenant, un film d’Alejandro González Iñárritu, avec Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Domhnall Gleeson et Will Poulter, film américain, 2h36. Sortie le 24 février 2016.

© 2015 Twentieth Century Fox


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