Le prix Nobel de littérature Imre Kertesz est mort

31 mars 2016 Par Yaël | 0 commentaires

L’auteur hongrois de Etre sans destin et prix Nobel de Littérature en 2002 est mort à son domicile de Budapest des suites d’une longue maladie. Il avait 86 ans.

Imre Kertész n’est pas mort de la mort qui avait été prévue pour lui, et qui l’aurait rattrapé après qu’il aurait « tout » dit de l’indicible – il est mort de la mort commune à tous les hommes, lorsqu’il a eu fini de vivre. Est-ce un effet de la décision « folle » – d’une bonne folie – qu’il a prise de construire son oeuvre en hongrois. Le fait est qu’est mort aujourd’hui un grand écrivain – de langue hongroise – qui est aussi un grand écrivain tout court. A l’extermination qui a été prévue et mise en oeuvre pour lui par sa Hongrie natale, il a répondu en donnant à la Hongrie l’écrivain que le monde connait le mieux, reconnaît et lit, tandis que seuls quelques initiés apprécient les textes de autres fleurons de la culture magyare : Petöfi, Ady Endre, Makàcs, Marai etc…)

Né dans une famille juive hondroise, Imre Kertesz est déporté à Auschwitz et Buchenwald à l’âge de 14 ans. Récit – qu’il pensait lui-même impossible à écrire – d’un enfant de 15 ans aux prises avec l’univers concentrationnaire, le roman Etre sans destin est le texte qui lui a valu une reconnaissance mondiale très tardive (il est sorti en 1990 en Hongrie, 1997 en France chez Actes Sud) et probablement le prix Nobel de littérature en 2002, Kertesz s’est tourné dans plusieurs textes vers cette adolescence notamment dans Kaddish pour un enfant qui ne naîtra pas.

Intellectuel européen au sens le plus plein du terme, Kertesz a beaucoup réfléchi à sa situation d’écrivain marginal dans la Hongrie communiste et questionnant son choix de retourner vivre en Hongrie en tant que survivant; où il a été licencié en tant que juif dès 1951 de l’entreprise où il tentait de gagner sa vie. Écrivain marginal et en secret, il a vécu de comédie musicales et autres travaux d’écriture annexes à son oeuvre une grande partie de sa vie.

Se décrivant comme « l’incorrigible enfant des dictatures », il savait créer la polémique, notamment quand, au sommet de sa gloire, il choisissait de vivre à Berlin, décrivant la Hongrie comme un « état balkanisé » et aussi en attaquant le »kitsch » du film de Spielberg sur la Schindler. Touché par la maladie de Parkison depuis 2012, il avait renoncé à écrire (lire notre article) et était revenu vivre à Budapest où il est mort ce jeudi 31 décembre 2016. C’est son éditeur des éditions Magveto qui a annoncé la nouvelle de son décès à la presse internationale.

visuel : couverture de Etre Sans Destin (c) Actes Sud


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