Voyage

Avec WalkBeirut, un tour de la capitale libanaise pas comme les autres

Avec WalkBeirut, un tour de la capitale libanaise pas comme les autres

26 avril 2018 | PAR Elie Petit

Ronnie Chatah offre une visite de la ville et livre ses plus grandes histoires de culture, de guerres, d’histoire. Mais aussi ses secrets.

Quatre heures de marche dans Beyrouth peuvent se faire aisément seul. Nonchalamment. Mais ce serait rater les histoires que portent ses murs. L’organisation WalkBeirut, fondée en 2009 par Ronnie Chatah, s’est donnée pour mission de faire visiter la ville autrement.

En passant par la Banque du Liban, on découvre son histoire monétaire particulière et la difficile constitution des organes de pouvoir libanais, entre chrétiens, musulmans sunnites, musulmans chiites, druzes… En passant, la résidence du premier ministre, après le quartier juif bouclé, on découvre un Beirut figé dans le temps, et les ruines romaines. Devant l’Holiday Inn ensuite, criblé de balles de part et d’autre de l’Est et l’Ouest de la ville, on retrace l’histoire de l’hôtel, un des plus luxueux du Moyen-Orient, inauguré un an avant que ne se déclenche la guerre. Successivement occupé, contrôlé par toutes les parties en prise dans le conflit, il s’élève encore comme une cicatrice de béton meurtri, au cœur de la ville.

Vient ensuite la Place des Martyrs, lieu d’expression, de répression, de liberté, d’émancipation, d’attentats, de guerre civile, de vie quotidienne. A Beyrouth, nombreux sont les lieux qui portent tout cela. Et c‘est tout le talent de Ronnie Chatah qui, à travers ses anecdotes, personnelles, drôles, et des informations savamment distillées, touche toujours juste pour transmettre les subtilités et parfois absurdités (à l’image des lois immobilières et d’héritage de cette société très complexe) de cette ville de beauté.

Ronnie s’attarde un moment sur cette place. C’est non loin de là que fut assassiné le premier ministre Rafik Hariri. Il nous apprend que parmi les cibles des vagues d’attentats politiques figurait son propre père Mohamad Chatah, assassiné en décembre 2013. Il était un ancien conseiller d’un autre  Premier Ministre libanais, Fouad Siniora. Le tour prend alors un tout autre tour. L’histoire, ses conséquences nous ont porté là, avec lui, à ce moment. C’est difficile et, à la fois, c’est la réalité du pays, d’une tension, d’une peur de l’instabilité et du retour des années noires que l’on sent poindre dans beaucoup de conversations. On finit avec la statue du journaliste et écrivain Samir Kassir, assassiné en 2005, dont le livre Histoire de Beyrouth, est un monument littéraire de récits de vie quotidienne de la capitale libanaise.

Un tour que l’on n’oublie pas et que l’on recommande absolument. Réservation obligatoire. Plus d’infos sur https://www.facebook.com/walkingtourbeirut

Crédit photo : Maryline Hayek

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Elie Petit
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