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Vivent les sex-shops rose bonbon!

23 septembre 2010 | PAR Yaël Hirsch

Depuis que l’ouverture du sex-shop Sonia Rykiel a émoustillé toute la rive gauche, les magasins coquins ont fait bien du chemin. Il s’en ouvre un peu partout dans la capitale. Loin des excès de crudité de leurs grand-frères de la rue Saint-Denis ou de Pigalle, les nouveaux sex-shops qui ouvrent à côté d’échoppes Colette ou Armani vendent plus que des « dessous chics ». Tout en sachant éviter de tomber dans le piège de la vulgarité.

Crèmes onctueuses, jouets fluos, dentelles affriolantes, et livres doctes s’étalent dans ces nouveaux boudoirs dont le propos est d’enrichir d’une once de fantaisie la vie sexuelle des femmes modernes. Mais rarement des vidéos. Les livres de photos sont érotiques et pas pornos. Les fouets sont décorés de nœuds et les menottes sont en fourrure rose. Les hommes ne sont pas exclus de ces temples rose et or, bien au contraire. Les mâles les plus agiles y apprendront aussi à donner et à prendre du plaisir.

Dans une jolie arrière-cour de la rue du marché Saint-Honoré, Samantha nous ouvre tout sourire la porte de Yoba, « la marque du plaisir ». Habituée aux pas timides des visiteuses qui entrent pour la première fois dans un sex-shop, elle nous laisse regarder les articles qui sont joliment disposés dans les deux pièces roses et blanches du magasin. Coup d’œil rapide sur la lingerie qui est suggestive sans être choquante, puis essayage des diverses crèmes aux fruits et au chocolat, à lécher ou à déguster, et qui donnent des sensations de confort, de chaud et de froid. Enfin, nous laissons volontairement la première salle avec ses objets contendants derrière nous. Nous nous dirigeons donc vers l’arrière-salle, où reposent des livres sur un grande sofa rond. Le choix est vaste entre des photos de dessous, des photos érotiques, plusieurs manuels pour atteindre l’orgasme ou exciter son partenaire.

Après avoir fait notre marché de livres nous sommes bien forcées de vaincre notre appréhension pour revenir vers les objets verticaux qui sont le propre de ce genre de boutique. Samantha attend patiemment que nous nous décidions à lui poser nos questions. Et quand la première est lâchée, elles défilent très vite. C’est alors que nous entrons dans le vif du sujet. Article après article, Samantha décrit pour nous les fonctions et les spécificités de chaque vibromasseur et chaque godemiché, depuis le petit canard rose classique qui caresse le clitoris dans le bain aux plus imposants phallus en plastique rose. Il y a aussi les appareils qui fonctionnent au rythme de la musique de votre i-pod, ou ceux que votre partenaire peut actionner à distance.

La parole libère des tabous : petit à petit, nous réalisons que ces objets ne sont pas l’apanage de féministes nouvelle vague ou une des excentricités de Carrie et ses amies de la série « Sex and the city ». Une fois sortis de la diabolisation, et de la case « pornographique » dans lesquelles ils étaient relégués, les sextoys peuvent réellement faire partie du bien-être d’une jeune femme moderne au quotidien. Si l’objectif des jouets est d’apprendre tout en s’amusant, pourquoi n’en serait-il pas de même avec les objets sexuels ?

Enfin, Samantha nous conseille de revenir le jeudi soir après 18h pour participer à un des « apéros coquins » qu’organise le magasin chaque semaine. Interdit aux hommes jusqu’à 21h, le salon Yoba se remplit de jeunes curieuses d’une moyenne d’âge de 25-30 ans. Champagne, marshmallows, et autres nounours en chocolat accompagnent les questions d’alcôves, les discussions entre filles, et les explications sur les produits proposés dans la boutique. Ces 6 à 9 du jeudi sont de très bon moments, à vivre seule ou avec une bonne amie. Vous pouvez également organiser directement sur le net un apéro coquin entre filles, avec vos copines…

Yoba, 11 rue du marché Saint-Honoré, Paris 1ier.

A l’abri de rien, d’Olivier Adam
Irène Némirovsky, Chaleur du Sang
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

2 thoughts on “Vivent les sex-shops rose bonbon!”

Commentaire(s)

  • Vive la démocratisation des sex toys!

    octobre 31, 2012 at 12 h 22 min
  • sextoy homme

    Et la démocratisation des sextoys pour homme !

    août 23, 2019 at 0 h 10 min

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