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Larry David, le Woody Allen trash de la côte Ouest

30 juin 2009 | PAR Laurent Deburge

curbyourenthusiasmLarry David, à l’affiche du dernier Woody Allen (Whatever works), qui sort le 1er juillet en France, est le héros d’une irrésistible série TV américaine se déroulant dans la très chic Santa Monica. Multiprimée aux USA (Golden Globes et Emmy Awards), produite depuis 2000 par la chaîne HBO, « Curb your enthusiasm » (« Larry et son nombril »)attaque sa septième saison outre-atlantique. Elle met en scène Larry David dans son propre rôle, celui d’auteur, producteur et co-créateur de l’excellent Seinfeld, dans les aléas de sa vie quotidienne.


Toujours en porte-à-faux, Larry a beaucoup de mal à se plier aux règles élémentaires de la bienséance, aux rapports urbains et policés fondés sur une nécessaire dose d’hypocrisie. Ses élans de sincérité, mêlés aux pointes d’humour juif new-yorkais qu’il distille allègrement, passent souvent mal dans la gentry californienne aux sourires botoxés, sans qu’on puisse chez lui faire le départ entre l’ingénuité et la misanthropie. Il a le don de se brouiller à mort avec ses meilleurs amis, et un talent certain pour transformer le moindre quiproquo en catastrophe atomique ; chaque action qu’il entreprend pour tenter d’arranger les choses ne fait au final que les empirer, selon un effet boule de neige bien connu mais néanmoins jouissif.

Ses réactions d’une rare immaturité, d’un absolu manque de sens social, renforcées pstoryar son narcissisme hors normes le conduisent immanquablement à une situation humiliante, rendue d’autant plus drôle qu’il est particulièrement imbu de lui-même.

Acariâtre, insupportable, veule et lâche, cet égoïste patenté, d’une mauvaise foi sans bornes, reste pourtant attachant car il veut souvent bien faire, et se vit comme l’éternel incompris. Critiquant tout et tout le monde, avec son ironie mordante, Larry a la névrose agressive. C’est un Woody Allen en faux méchant, qui se sentant toujours gauche et coupable, maladroit et mal à l’aise, déciderait d’en vouloir aux autres plutôt qu’à lui-même, attitude assez saine, finalement, et que n’aurait pas reniée Lacan.

Tournée caméra à l’épaule, la série tient à la fois du faux documentaire (mockumentary) et de l’autofiction délirante, avec une prestigieuse foule de guest stars filmées dans leur environnement naturel, s’incarnant eux-mêmes, tels Martin Scorsese, David Schwimmer et Ben Stiller, ou en personnages de fiction, tels Dustin Hoffman et Sacha Baron Cohen. L’impression d’improvisation qui s’en dégage achève de nous plonger dans cette gêne excitante propre aux situations embarrassantes dont on a eu la chance d’être le malencontreux témoin.

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Laurent Deburge

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