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Isabelle Huppert

13 décembre 2009 | PAR Coline Crance

Isabelle Huppert sera au Forum des Images à 19h30 pour une leçon de cinéma, occasion pour la boite à sortie de faire un point sur cette actrice hors pair au parcours exigeant et éclectique.

Actrice née en 1953, elle a mené sa carrière par des choix constants et exigeants qui ont fait d’elle cette actrice à la fois peu médiatique mais qui est pourtant devenue une véritable icône. Paradoxe intéressant qui nous amène à étudier de plus près sa carrière.

Isabelle Huppert effectue ses premières apparitions dès 1972 chez Nina Companez, elle se fait remarquer trois ans plus tard par son rôle d’une artiste brute dans Aloïse de Liliane de Kermadec. Sa carrière glisse donc implicitement vers un cinéma d’auteur qui marque le renouvellement de la Nouvelle Vague. Elle tourne avec des réalisateurs tels que Yves Boisset, Claude Sautet et dans les Valseuses de Bertrand Blier, film resté culte et assez atypique par rapport au reste de sa carrière. Jeune fille rousse aux pommettes hautes, elle est appréciée dès le début de sa carrière pour son visage d’éternelle adolescente, visage de la fraîcheur, mais aussi celui d’une forme de pureté indéchiffrable qui fascine et qui effraye. C’est peut-être ce mystère planant, cet inaccessible qui émane de son jeu marquant une distance nette entre la caméra et le spectateur qui va l’amener à jouer ces rôles de femmes froides, torturées, peu sensuelles mais très intellectuelles.

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Froideur qui paradoxalement va attirer un grand nombre de photographes tels que Edouard Boubat, Cartier Bresson, Hiroshi Sugimoto , Robert Doisneau (voir l’exposition en 2005 « la femme au portrait  » au couvent des Cordeliers à Paris)… Visage de glace qui se pose ou se révèle sur le glacis de la photographie telle une éternelle icône.. Visage figé qui lui permet alors selon ses propres mots «  de comprendre et de  jouir d’un miroir déformant, informant, impressionnant, aléatoire, l’intuition pour toutes certitudes.. », mots qui résument sa vocation et son exigence de comédienne, celui avant tout d’un travail sur soi et en soi pour dépasser ses propres limites. Isabelle Huppert est peut-être l’une des actrices françaises qui a le mieux travaillé et compris l’importance de son image ou juste de l’image au cinéma. Le regard des autres et du réalisateur est une sorte de manipulation de chaque seconde ou l’actrice devient ce qu’il veut qu’elle soit ou ce qu’elle décide d’être. Pialat l’un de ses réalisateurs fétiches avait lui aussi constamment en tête cette dialectique. Exigeant avec ces acteurs, il les poussait hors de leurs limites ou les obligeait à se retrancher dans leur intériorité parfois mystique si nous pensons à Sous le Soleil de Satan adapté du livre éponyme de Georges Bernanos ; réalisateurs brillants donc qui ont orienté la carrière d’ Isabelle Huppert.

Il n’en reste pas moins qu’Isabelle Huppert dans ces derniers films n’hésite pas pour autant à se mettre en dérision, consciente de l’image qu’elle renvoie. 8 femmes de François Ozon est une véritable mise en dérision de sa carrière d’actrice, qui en fait aussi l’un de ses rôles les plus savoureux. Ces derniers temps à l’écran, elle a même tourné dans un film qui peut être qualifié d’incongru au regard de sa filmographie, Les soeurs fâchées, sorte de nanar un peu complaisant qui l’oppose à son antagonisme, à la fois dans le film et même au regard de sa carrière d’actrice, Catherine Frot.

Sous cette apparente mais réelle froideur, Isabelle Huppert est un actrice qui ose l’autodérision et qui reste avant tout l’actrice de ces deux grands rôles qui lui valurent le prix d’interprétation à Cannes pour Violette Nozière de Claude Chabrol en 1978 et La pianiste de Michael Haneke en 2001…

 

 

Mercredi 16 décembre 2009, Master par Isabelle Huppert au forum des images , 2 rue du cinéma 75001 Paris. Métro : Châtelet.                                                            Tarif pour le master class : 5 euros

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Coline Crance

3 réflexions au sujet de « Isabelle Huppert »

Commentaire(s)

  • mie

    Parfait !
    Vous avez mis en icone une image ou elle a l’air d’être une sorciere.
    Cette nana est d’une prétention sans borne, odieuse à rencontrer en privé

    janvier 10, 2010 at 17 h 05 min
  • jacqueline philouze

    bravo, pour le commentaire, cela permet de mieux saisir le personnage, que j’apprécie néanmoins, que je considère comme une grande actrice, rare dans le cinéma français.

    février 3, 2010 at 20 h 49 min

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